Ce mardi soir se déroule la finale de la dixième édition du concours Made in 92, un tremplin entrepreneurial porté par le conseil départemental des Hauts-de-Seine et la Chambre de commerce et d'industrie (CCI). En une décennie, ce concours s'est imposé comme un accélérateur de croissance, s'accordent les lauréats des années précédentes.
Un concours en pleine expansion
Quelque 680 entreprises étaient candidates cette année, contre 150 au début. « Au début, nous avions 150 dossiers, rappelle Denis Larghero (UDI), maire de Meudon, vice-président du Département et coprésident du jury. Pour le territoire, ce concours est très important car il met en valeur des start-up innovantes, cet esprit garage loin de l'image du département des entreprises du CAC 40. » La référence renvoie à la création de Microsoft par Bill Gates dans son garage en 1975.
Un réseau précieux pour les lauréats
Charles-Eliott Debourdeau, fondateur de GlobalExam en 2013 et lauréat en 2019, témoigne : « Depuis le prix en 2019, il s'est passé tellement de choses. Il y a notamment eu le Covid qui nous a permis d'éprouver notre modèle en matière de suivi pédagogique. » Sa plate-forme de formation en langues étrangères en ligne compte désormais 4 millions d'utilisateurs. « Outre la reconnaissance, le prix est aussi l'occasion de faire partie d'un réseau », poursuit-il.
Xavier Chouraqui, lauréat en 2020 avec Have a good day, installée à Boulogne, gère les services dans les immeubles de bureaux pour le compte de grandes entreprises. « Le prix a été exceptionnel car à l'époque on parlait assez peu de l'hospitality, rembobine-t-il. Ce concours m'a permis de rencontrer les entreprises du département. Pendant un an j'ai été la Miss France du Made in 92, cela nous a permis de nous faire connaître, d'être reconnus et accompagnés. » Have a good day compte désormais 350 collaborateurs.
Des entrepreneurs engagés dans la transition écologique
Benoît Feytit, président de la CCI des Hauts-de-Seine, souligne : « Ce qui nous frappe particulièrement, c'est cette montée en qualité et en engagement des entrepreneurs candidats : ils ne se contentent plus de créer une entreprise, ils portent une vision, une utilité et une capacité à transformer leur environnement. »
Olympe Chabert, créatrice de Smart Back en 2021 à Ville-d'Avray et Grand Prix Made in 92 en 2024, explique : « Nous collectons, revendons ou donnons à des associations des produits qui ne peuvent pas être remis en vente. En 48 heures, nous sommes en mesure d'identifier un acteur local qui peut reprendre les meubles dans un rayon de 30 km grâce à 850 partenaires. » La dotation de 10 000 euros lui a permis d'embaucher une personne supplémentaire.
Benoît Illy, lauréat en 2021 avec Fairbrics, a développé une fibre synthétique fabriquée à partir de CO2. « C'est l'inverse de l'industrie textile actuelle qui rejette plus de CO2 que le secteur de l'aviation, observe-t-il. Là, on crée de la matière à partir du CO2 produit par l'industrie pétrochimique. » Sa start-up a réalisé une levée de fonds de 22 millions d'euros en 2023.
La grande finale de ce mardi à la Seine Musicale à Boulogne sera l'occasion de célébrer ces succès et de récompenser six nouvelles entreprises lauréates dans autant de catégories.



