Le groupe italien de défense et d'aérospatiale Leonardo a annoncé la nomination de Lorenzo Mariani au poste de directeur général, à compter du 1er juin 2026. Agé de 58 ans, cet ingénieur de formation incarne un retour aux sources industrielles pour le géant transalpin, après une période marquée par des tensions financières et des restructurations.
Un parcours ancré dans l'industrie
Lorenzo Mariani n'est pas un inconnu dans le secteur. Il a passé l'essentiel de sa carrière au sein de Finmeccanica, l'ancien nom de Leonardo, où il a occupé des postes clés dans la division hélicoptères et aérostructures. Plus récemment, il dirigeait la branche défense de l'entreprise, supervisant des programmes majeurs comme l'avion de combat Eurofighter et les systèmes de drones.
Son profil très technique contraste avec celui de son prédécesseur, Alessandro Profumo, un banquier qui avait piloté la transformation financière du groupe. Les analystes estiment que cette nomination signale une volonté de recentrer Leonardo sur ses métiers de base, l'ingénierie et la production, plutôt que sur les acquisitions ou les restructurations.
Enjeux stratégiques pour Leonardo
Le nouveau patron hérite d'une entreprise en pleine mutation. Leonardo, présent dans plus de 20 pays, doit faire face à la montée en puissance des dépenses militaires en Europe, mais aussi à la concurrence accrue des groupes américains et chinois. Parmi ses priorités : le développement du programme européen de défense aérienne, la modernisation de la flotte d'hélicoptères et l'expansion dans le spatial.
Mariani devra également gérer les relations complexes avec le gouvernement italien, actionnaire principal, et les partenaires européens. Sa connaissance approfondie des dossiers industriels devrait faciliter les négociations sur les grands contrats, notamment ceux liés au programme SCAF (Système de combat aérien du futur).
Réactions et perspectives
Les marchés ont accueilli favorablement cette annonce, l'action Leonardo gagnant 2,5% à la Bourse de Milan. Les syndicats, de leur côté, espèrent que ce dirigeant issu du terrain saura préserver l'emploi et les compétences industrielles en Italie.
Lorenzo Mariani devra présenter sa feuille de route dans les prochains mois, lors d'une rencontre avec les investisseurs. Il devrait insister sur l'innovation, la digitalisation et la collaboration avec les PME italiennes, tout en maintenant une stricte discipline financière.
Cette nomination s'inscrit dans un contexte géopolitique tendu, où les dépenses de défense augmentent en Europe suite au conflit ukrainien. Leonardo, avec un carnet de commandes de 40 milliards d'euros, semble bien placé pour en bénéficier, à condition de relever les défis industriels et technologiques.



