L'ancien président de BP, Albert Manifold, a vivement contesté mercredi le « faux récit » entourant son éviction surprise annoncée la veille par le géant pétrolier britannique. Dans un message relayé par le Financial Times et d'autres médias financiers, il a déclaré : « Je conteste totalement la description qui est faite de ma conduite et je ne laisserai pas un faux récit s'imposer sans réponse. »
Une éviction sans avertissement
BP a annoncé mardi le départ immédiat d'Albert Manifold après un vote unanime du conseil d'administration, invoquant « de graves préoccupations » liées à sa gouvernance et sa conduite. Les faits précis ne sont pas détaillés, mais selon le Financial Times, Manifold était considéré comme « trop agressif » et aurait eu des tensions avec la directrice générale Meg O'Neill, dont il aurait tenté de contester l'autorité.
« J'ai été évincé sans avertissement et sans explication », a regretté l'intéressé. Il a ajouté avoir œuvré pendant son mandat pour impulser un changement réel chez BP, en réduisant les coûts, en remettant en cause les excès et en exigeant des standards plus élevés.
Un groupe en pleine tourmente
Le départ de Manifold secoue un groupe marqué par une grande instabilité à sa tête ces dernières années. BP a enregistré des résultats en retard par rapport à ses concurrents, notamment Shell, en raison d'une tentative de virage vert qui a mal tourné, suivie d'un recentrage radical sur les hydrocarbures.
Albert Manifold, appelé à la rescousse pour piloter cette nouvelle stratégie, avait pris ses fonctions le 1er octobre 2025, remplaçant le Norvégien Helge Lund. Peu après, Meg O'Neill avait été nommée directrice générale. L'administrateur Ian Tyler assure l'intérim jusqu'à la nomination d'un successeur.
Lors de l'assemblée générale des actionnaires fin avril, Manifold avait essuyé un vote contestataire : plus de 18 % des voix s'étaient opposées à sa réélection.



