Maxime Saada, le président-directeur général du groupe Canal+, a vivement réagi ce jeudi 25 juin 2026 à la mise en demeure adressée par l'Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) à la chaîne d'information CNews. Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, il a qualifié cette décision de « politique », estimant qu'elle constitue une entrave à la liberté d'expression.
Une décision jugée arbitraire
« C'est une décision politique, pas juridique », a tranché Maxime Saada. Selon lui, l'Arcom aurait cédé à des pressions extérieures en sanctionnant CNews pour des propos tenus à l'antenne. La mise en demeure, prononcée le 18 juin dernier, reproche à la chaîne d'avoir enfreint ses obligations en matière de « maîtrise de l'antenne » et de « respect du pluralisme ». Concrètement, l'Arcom estime que CNews n'a pas suffisamment encadré les interventions de ses chroniqueurs, qui auraient tenu des propos « excessifs » et « non fondés » sur des sujets sensibles comme l'immigration ou la sécurité.
Maxime Saada conteste cette analyse : « Nous respectons scrupuleusement le cadre légal. Les émissions de CNews sont pluralistes et les débats sont encadrés par des journalistes professionnels. » Il a également souligné que la chaîne avait déjà pris des mesures correctives avant même la mise en demeure, notamment en renforçant la formation de ses équipes.
Un conflit récurrent entre l'Arcom et CNews
Cette mise en demeure n'est pas la première sanction infligée à CNews. Depuis son lancement en 2017, la chaîne d'info en continu a été rappelée à l'ordre à plusieurs reprises par le régulateur. En 2021, elle avait déjà été mise en demeure pour des propos jugés « discriminatoires » tenus par l'un de ses chroniqueurs. En 2023, l'Arcom avait également épinglé la chaîne pour un manque de « diversité des opinions » dans ses programmes politiques.
Pour Maxime Saada, ces sanctions répétées visent à museler une chaîne qui ose aborder des sujets que d'autres médias ignorent. « CNews est le seul média à donner la parole à des voix différentes, à des intellectuels qui ne sont pas dans la pensée unique. Cela dérange », a-t-il affirmé.
Les réactions politiques
La mise en demeure de CNews a suscité de vives réactions dans le monde politique. Plusieurs élus de droite et d'extrême droite ont exprimé leur soutien à la chaîne, dénonçant une « censure » de la part de l'Arcom. À gauche, au contraire, on salue la décision du régulateur. « L'Arcom fait son travail : elle rappelle à l'ordre une chaîne qui a trop souvent franchi les limites », a déclaré la députée écologiste Sandrine Rousseau.
Le gouvernement, par la voix du ministre de la Culture, a pris ses distances avec la polémique, affirmant que l'Arcom était une autorité indépendante et que ses décisions devaient être respectées.
Quelles conséquences pour CNews ?
La mise en demeure de l'Arcom n'entraîne pas de sanction financière immédiate, mais elle oblige CNews à se conformer à ses obligations sous peine de sanctions plus lourdes, pouvant aller jusqu'au retrait de sa fréquence. Maxime Saada a indiqué que le groupe Canal+ allait contester cette décision devant le Conseil d'État. « Nous irons jusqu'au bout pour défendre notre liberté d'expression », a-t-il prévenu.
En attendant, CNews continue d'émettre normalement. La chaîne, qui revendique environ 2,5 millions de téléspectateurs par jour, reste l'une des chaînes d'information les plus regardées en France, derrière BFMTV et LCI.



