Alors que la France suffoque sous une canicule record, les prisons deviennent des fournaises. Dans une tribune publiée par Libération, un collectif d’avocats, de médecins et d’associations tire la sonnette d’alarme : les détenus subissent des températures insoutenables, sans accès à l’eau fraîche ni à une ventilation adéquate. « On crève de chaud à l’ombre », résume l’un des signataires.
Des cellules transformées en étuves
Selon le texte, la température dans certaines cellules dépasse les 40 degrés Celsius. Les fenêtres sont souvent obstruées ou dépourvues de stores, et les ventilateurs sont rares. « Dans certaines prisons, les détenus doivent choisir entre ouvrir la fenêtre et subir le bruit ou la fermer et suffoquer », explique Maître Sarah Dupont, avocate au barreau de Paris et co-signataire. Les épisodes de canicule se multiplient avec le changement climatique, mais les infrastructures pénitentiaires ne sont pas adaptées.
Des conséquences sanitaires graves
Les risques pour la santé sont réels : déshydratation, coups de chaleur, aggravations de pathologies chroniques. Le collectif cite le cas d’un détenu de 62 ans, hospitalisé après un malaise. « Les personnels soignants sont débordés, et les sorties à l’air libre sont réduites en raison de la chaleur », ajoute le Dr. Pierre Martin, médecin à l’hôpital de Fresnes. Selon l’Observatoire international des prisons, 23 incidents liés à la chaleur ont été recensés en juin 2025, contre 8 en juin 2024.
Des mesures insuffisantes
Le ministère de la Justice a diffusé une circulaire recommandant d’hydrater les détenus et d’adapter les horaires de promenade, mais les associations jugent ces mesures « dérisoires ». « Distribuer une bouteille d’eau par jour ne suffit pas quand il fait 45 degrés dans une cellule de 9 mètres carrés », dénonce le collectif. Il réclame l’installation de climatiseurs dans les cellules disciplinaires et les quartiers sensibles, ainsi que la distribution gratuite d’eau en quantité illimitée.
Un appel à la mobilisation
Les signataires appellent les autorités à agir d’urgence, mais aussi les citoyens à se mobiliser. « La dignité humaine ne s’arrête pas aux portes des prisons », conclut la tribune. En attendant, les détenus continuent de subir une chaleur accablante, dans l’indifférence quasi générale.



