Le 6 mai 2023, Claude Espied, maire de La Teste-de-Buch de 1989 à 1996 et de 1997 à 2001, s'est éteint à l'âge de 84 ans. Figure politique majeure du bassin d'Arcachon, il laisse le souvenir d'un homme impétueux mais aussi d'un bâtisseur qui a modernisé la commune.
Un hommage unanime, malgré les critiques
Patrick Davet, actuel maire LR de La Teste-de-Buch, soutenu par Espied en 2014 et 2020, témoigne : « Je suis particulièrement ému. Il a redonné une entité, une identité et une fierté à la ville. » Yves Foulon, maire LR d'Arcachon, ajoute : « C'était un excellent maire, une personnalité entière qui a redonné du souffle à La Teste. C'est lui qui a fait ajouter 'de Buch' au nom de la ville. »
Jean-Jacques Éroles, maire divers droite de 2008 à 2020 et ancien adjoint d'Espied, le décrit comme « brillant, intelligent, avec une énorme puissance de travail ». Mais il nuance : « Les choses se sont compliquées quand nous étions dans l'opposition. Disons que c'était une forte personnalité. »
Un homme de conflits
Claude Espied était en guerre permanente : contre le district, contre les partis (RPR, UDF), contre son opposition, et même au sein de la droite. Le socialiste François Deluga reconnaît : « Nous avions des désaccords très profonds. Mais lui avait le courage de faire et de dire les choses en face. » Jean-Bernard Biehler, élu avec lui dès 1989, souligne : « C'est le seul maire qui a eu à cœur de défendre La Teste contre Arcachon et Gujan-Mestras. Cela lui a coûté cher. »
Un parcours hors norme
Menuisier de formation, Claude Espied a repris ses études pour devenir chirurgien et diriger le service de l'hôpital Jean Hameau. Élu adjoint aux sports en 1983, il devient maire en 1989, réélu en 1995, invalidé pour dépassement des frais de campagne, puis réélu en 1997 jusqu'en 2001, où il est battu par François Acot-Mirande. Ce dernier se souvient : « Du jour où je me suis présenté, il ne m'a plus salué. Vous étiez avec lui ou contre lui. »
Un héritage contrasté
« C'est Claude Espied qui a fait entrer La Teste dans la modernité », assure Jean-Bernard Biehler. Il a initié le centre-ville, bâti le Parc des Expositions, transformé Cravey en salle de spectacle, construit la salle Turpin. Mais il a aussi lancé des projets controversés, comme une marina aux prés-salés ouest ou « La Fenêtre océane », un bourg de 4 000 à 5 000 habitants avec golf au pied de la Dune du Pilat, heureusement jamais réalisés selon ses opposants. Son dernier round fut la municipale de 2008, où il arriva quatrième (16,32 %) avant d'accepter la fusion des listes de droite.
Claude Espied restera une figure incontournable du bassin d'Arcachon, dont l'empreinte sur La Teste-de-Buch est indélébile.



