Dans son éditorial du 21 juin 2026, Baptiste Bize, directeur de la rédaction de Journal FR, s'interroge sur la sincérité des candidats à l'élection présidentielle. Alors que la liste des prétendants s'allonge chaque semaine, deux figures politiques se distinguent par leur refus de participer à ce qu'il appelle « l'Académie des menteurs de Moncrabeau » : François Bayrou, non-candidat, et Raphaël Glucksmann, presque-candidat.
François Bayrou et la métaphore de Moncrabeau
Mardi matin, sur France Inter, François Bayrou a cité le village gascon de Moncrabeau, réputé pour être la capitale des menteurs où est élu chaque année un roi des menteurs. « Ce n'est plus une élection présidentielle, c'est l'Académie des menteurs de Moncrabeau », a-t-il lancé, alertant sur la situation de la France et déclarant sa non-candidature à l'Élysée. Selon lui, il est impossible de dire la vérité sur la dette tout en restant audible et crédible en campagne. Ainsi, Bayrou ne sera jamais président de la République, même si, selon Bize, il a longtemps cru en son destin et en sa capacité à guider les Français.
Une gauche et une droite divisées
À gauche, Karim Bouamrane, maire socialiste de Saint-Ouen, a rejoint la liste des candidats déclarés, aux côtés de Delphine Batho, Jérôme Guedj et François Ruffin. À droite, Gabriel Attal, Édouard Philippe, David Lisnard, Bruno Retailleau et Xavier Bertrand sont également en lice. Entre le duel des extrêmes incarné par Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella, la confusion règne, y compris sur les projets.
Raphaël Glucksmann et la sincérité assumée
Un autre non-candidat, ou pas-encore-candidat, a fait parler de lui cette semaine. Interrogé pour France 2, Raphaël Glucksmann a confié vouloir demander des efforts aux retraités « qui ont plus de pouvoir d'achat que les actifs ». La caméra, continuant de tourner après l'interview, le montre s'esclaffant : « Je vous aurai dit toute la vérité, j'ai flingué ma campagne déjà. » La séquence, détournée sur les réseaux sociaux, a fait le buzz. En faisant de la sincérité sa marque de fabrique, le représentant de Place publique a pris un risque assumé.
Un constat amer sur la sincérité politique
Bize conclut que si tous les candidats disaient ce qu'ils pensent vraiment, il y aurait beaucoup moins de prétendants, tant pour l'élection du roi de Moncrabeau que pour celle du président de la République. L'éditorial souligne ainsi le paradoxe d'une campagne où la vérité est souvent sacrifiée sur l'autel de la stratégie électorale.



