Affaire des assistants FN : une arnaque de père en fille
Assistants FN : arnaque de père en fille

Le procès des assistants parlementaires du Front National (FN) s'est ouvert ce lundi à Paris, mettant en lumière un système de détournement de fonds européens qui aurait fonctionné pendant des années. Selon l'accusation, ce système aurait été mis en place par Jean-Marie Le Pen, puis repris par sa fille Marine Le Pen, permettant de financer des activités du parti avec de l'argent destiné à rémunérer des collaborateurs au Parlement européen.

Un préjudice estimé à plusieurs millions d'euros

Les faits reprochés portent sur la période 2004-2016, durant laquelle des assistants parlementaires auraient été fictivement employés. Le montant total du préjudice est estimé à environ 4,5 millions d'euros, selon le parquet. Parmi les 27 prévenus figurent Marine Le Pen, qui conteste les faits, et plusieurs cadres du parti.

L'enquête a débuté en 2015 après un signalement de l'Office européen de lutte antifraude (OLAF). Les investigations ont révélé que des fonds alloués aux assistants parlementaires étaient en réalité utilisés pour rémunérer des employés du parti, notamment des gardes du corps, des secrétaires et des communicants.

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Un système organisé dès les années 2000

Selon l'acte d'accusation, Jean-Marie Le Pen, alors député européen, avait instauré ce système dès le début des années 2000. Il aurait embauché des assistants qui travaillaient en réalité pour le parti, sans lien avec son mandat parlementaire. Sa fille Marine Le Pen aurait poursuivi cette pratique après avoir pris la présidence du FN en 2011.

« C'est une arnaque de père en fille », a déclaré un avocat de la partie civile, cité par l'AFP. L'avocat a souligné que ce système avait permis de financer des dépenses du parti tout en contournant les règles de financement public.

Marine Le Pen clame son innocence

Marine Le Pen, qui comparaît libre, a nié toute implication dans ce système. « Je n'ai jamais détourné un centime », a-t-elle affirmé à la presse. Elle a également dénoncé une « instrumentalisation politique » de la justice. Cependant, les enquêteurs estiment qu'elle avait un rôle central dans l'organisation, en tant que présidente du parti et députée européenne.

Le procès, qui doit durer plusieurs semaines, examine également les cas d'autres prévenus, dont des anciens assistants et des responsables du FN. Les peines encourues vont jusqu'à dix ans d'emprisonnement et un million d'euros d'amende.

Des répercussions politiques potentielles

Cette affaire intervient à un moment délicat pour Marine Le Pen, qui prépare sa campagne pour l'élection présidentielle de 2027. Une condamnation pourrait nuire à sa crédibilité et affaiblir son parti, désormais appelé Rassemblement National (RN).

Pour l'instant, le RN a minimisé l'impact de ce procès, le qualifiant de « vieille affaire ». Mais les observateurs estiment que les révélations pourraient raviver les critiques sur la gestion du parti et son rapport à l'argent public.

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