Un revirement judiciaire majeur est survenu ce jeudi 21 mai 2026. Airbus et Air France ont été jugés coupables d'homicides involontaires dans le crash du vol Rio-Paris survenu en 2009. La cour d'appel de Paris les a déclarés « seuls et entièrement responsables » de l'accident le plus meurtrier de l'aviation française.
Une condamnation historique
Cette condamnation intervient 17 ans, presque jour pour jour, après le drame qui a coûté la vie à 228 personnes, dont 72 Français. Les deux sociétés ont écopé de la peine maximale, soit une amende de 225 000 euros chacune.
Le ministère public a opéré un véritable changement de position entre les deux procès. Alors qu'en première instance, il avait requis la relaxe de la compagnie aérienne et du constructeur, il a finalement demandé une condamnation après les deux mois de procès en appel à l'automne.
Les responsabilités établies
À l'issue du premier procès en 2023, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé les deux sociétés mais reconnu leur responsabilité civile. Airbus et Air France se sont toujours farouchement défendus de toute responsabilité pénale, pointant les mauvais choix des pilotes dans l'urgence. Le représentant d'Airbus a estimé à la barre que « les facteurs humains ont été pré-déterminants » dans l'accident.
L'accusation reprochait à Airbus d'avoir sous-estimé « la gravité des défaillances des sondes Pitot », alors que les boîtes noires ont confirmé que le givrage de ces sondes était à l'origine de l'accident. Air France s'est vu reprocher le manque de formation des pilotes sur la procédure à suivre en cas de gel.
Des réquisitions cinglantes
« Rien n'est venu, aucune parole de réconfort sincère. C'est une défense en granit. Un seul mot résume tout ce cirque : l'indécence », ont fustigé les deux avocats généraux dans leur réquisitoire fin novembre. « Seize années pour venir raconter n'importe quoi et nous sortir des arguments de la manche ou du chapeau, c'est inadmissible de la part d'une compagnie ». « Cette condamnation jettera l'opprobre, un discrédit sur ces deux compagnies » et « doit résonner comme un avertissement », avait cinglé l'avocat général Rodolphe Juy-Birmann.



