Un millier de policiers et de gendarmes ont été déployés mardi à Lyon et dans sa banlieue pour une opération d'envergure contre le narcotrafic. Cette mobilisation fait suite à une recrudescence des violences liées à la guerre des territoires que se livrent les trafiquants de drogues dans l'agglomération lyonnaise.
Une opération massive et ciblée
Plus de 200 opérations judiciaires et contrôles ont été menés dans tout le département du Rhône. Ces actions ont déjà abouti à 93 interpellations, ainsi qu'à la saisie de 106 kilogrammes de drogues et de sept armes, selon la préfecture du Rhône. Les opérations se poursuivent.
Les cibles étaient variées : des « nourrices » chargées de stocker les produits, aux dealers, mais aussi aux transporteurs et aux commerces utilisés pour blanchir l'argent du trafic, a précisé une source policière.
Un « signal fort » contre le narcotrafic
Le préfet du Rhône, Étienne Guyot, a qualifié cette opération de « signal fort » et d'« union sacrée de l'ensemble des pouvoirs publics contre le narcotrafic ». Il a souligné que la lutte contre le narcotrafic et la guerre des territoires était la priorité absolue. Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a abondé en déclarant que « la population veut la sécurité, veut l'apaisement ».
Une violence en hausse
Les habitants de Lyon et de son agglomération sont secoués par une recrudescence des violences et des actes d'intimidation liés aux rivalités entre trafiquants. Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a noté une augmentation de la violence sur les points de deal en raison des sommes importantes en jeu. « Vous avez des gens qui ne pensent qu'à l'argent, gagner plus et encore plus. Et dans ce milieu-là, on ne discute pas autour d'une tasse de thé. On discute à coups de kalachnikov ou d'armes de poing », a-t-il déclaré.
Des événements récents marquants
Le 11 mai, un incendie criminel à Décines-Charpieu a tué trois personnes, probablement dans le cadre d'un règlement de comptes. Le 2 mai, un corps calciné a été retrouvé dans une voiture incendiée à Villeurbanne après des échanges de tirs. Fin mars, trois personnes ont été tuées par armes à feu dans les banlieues est de Lyon. Lundi soir, trois hommes ont été blessés par balles dans le 8e arrondissement de Lyon.
Depuis le début de l'année, près de 70 actes d'intimidation ont été recensés dans l'agglomération lyonnaise, contre 71 sur toute l'année 2025, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
Des méthodes inédites à Lyon
Selon une source policière, une partie des conflits actuels oppose des trafiquants lyonnais, mais des Marseillais tentent également de se réimplanter après avoir échoué en 2024. Les méthodes employées, comme les corps calcinés dans des voitures, rappellent les clans marseillais mais sont inédites à Lyon.



