ONU en Afghanistan : présence remise en question par les talibans
ONU en Afghanistan : présence remise en question

La présence des Nations Unies en Afghanistan est de plus en plus contestée par les autorités talibanes, qui accusent l'organisation d'ingérence dans les affaires intérieures du pays. Depuis leur retour au pouvoir en août 2021, les talibans ont multiplié les critiques à l'encontre de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), dont le mandat doit être renouvelé par le Conseil de sécurité en septembre prochain.

Des accusations récurrentes

Les talibans reprochent notamment à l'ONU de ne pas reconnaître leur gouvernement, de soutenir des organisations de la société civile qu'ils considèrent comme hostiles, et de publier des rapports critiques sur la situation des droits humains, en particulier ceux des femmes et des filles. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères taliban, Abdul Qahar Balkhi, a déclaré que « la MANUA s'est écartée de son mandat initial et s'engage dans des activités politiques qui ne sont pas conformes aux intérêts du peuple afghan ».

Un rôle humanitaire crucial

Pourtant, l'ONU joue un rôle essentiel dans la coordination de l'aide humanitaire en Afghanistan, où plus de 28 millions de personnes ont besoin d'assistance. La MANUA facilite également le dialogue entre les talibans et la communauté internationale, et surveille les droits humains. Les Nations Unies insistent sur leur neutralité et leur engagement à soutenir le peuple afghan. Le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Martin Griffiths, a souligné que « l'ONU est en Afghanistan pour aider les plus vulnérables et ne représente aucune menace pour le gouvernement ».

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Des négociations tendues

Les discussions sur le renouvellement du mandat de la MANUA s'annoncent difficiles. Les talibans exigent des garanties de non-ingérence et une reconnaissance officielle de leur gouvernement, ce que la communauté internationale refuse pour l'instant. Plusieurs pays membres du Conseil de sécurité, dont la Chine et la Russie, pourraient être favorables à un compromis, tandis que les États-Unis et les Européens restent fermes sur les conditions de droits humains. En cas d'échec des négociations, la mission pourrait être réduite ou même fermée, ce qui aurait des conséquences désastreuses pour la population afghane.

La situation est d'autant plus précaire que l'Afghanistan fait face à une crise économique et humanitaire sans précédent, aggravée par les sanctions internationales et l'effondrement du système bancaire. L'ONU appelle à une solution diplomatique pour préserver la présence onusienne et éviter un effondrement total du pays.

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