La Roumanie a basculé dans une nouvelle crise politique ce mardi 5 mai 2026, après le vote d'une motion de censure déposée par les sociaux-démocrates (PSD) et l'extrême droite (AUR). Le gouvernement dirigé par le Premier ministre libéral Nicolae Ciucă a été renversé par 271 voix sur 465 députés, soit une majorité confortable.
Une alliance inattendue
Cette motion de censure a été soutenue par une alliance surprenante entre le Parti social-démocrate (PSD), principale formation d'opposition, et l'Alliance pour l'unité des Roumains (AUR), parti d'extrême droite nationaliste. Les deux partis ont justifié leur vote par la gestion jugée catastrophique de l'inflation et de la crise énergétique par le gouvernement. Le PSD, qui avait pourtant participé à une coalition avec les libéraux jusqu'en 2023, a dénoncé une « trahison des intérêts nationaux ».
Les conséquences immédiates
Le président Klaus Iohannis a convoqué une réunion d'urgence avec les chefs de partis pour tenter de former un nouveau gouvernement. Selon la Constitution, il dispose de 45 jours pour trouver une majorité, faute de quoi des élections législatives anticipées seront organisées. Les marchés financiers ont réagi négativement, le leu roumain perdant 2% face à l'euro.
- Le gouvernement Ciucă était en place depuis novembre 2021.
- La motion de censure a été votée après seulement trois jours de débat.
- L'inflation en Roumanie a atteint 14,5% en mars 2026.
Réactions politiques
Le Premier ministre déchu, Nicolae Ciucă, a qualifié ce vote de « coup porté à la démocratie » et a appelé à des élections anticipées. De son côté, le leader du PSD, Marcel Ciolacu, a déclaré que « le peuple roumain mérite mieux que cette coalition inefficace ». L'AUR, par la voix de son président George Simion, a promis de « défendre les intérêts des Roumains contre les élites corrompues ».
Scénarios possibles
Plusieurs scénarios sont envisagés : la formation d'une coalition PSD-AUR, peu probable en raison de divergences idéologiques ; un gouvernement technique soutenu par les libéraux et le PSD ; ou des élections anticipées à l'automne 2026. Les analystes politiques estiment que la crise pourrait durer plusieurs mois, plongeant le pays dans l'incertitude.
Cette crise intervient alors que la Roumanie est confrontée à des défis majeurs : guerre en Ukraine voisine, dépendance énergétique et réformes nécessaires pour débloquer les fonds européens. Le FMI a déjà exprimé sa préoccupation face à l'instabilité politique.



