L'Iran est-il le grand gagnant du conflit ? Le protocole d'accord mettant fin au conflit bilatéral signé mercredi 17 juin prévoit le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger. Décriée outre-Atlantique, cette clause pourrait rapporter des dizaines de milliards d'euros au régime des mollahs.
Une signature surprise
C'est une signature qui a pris de court tout le monde. Mercredi 17 juin, Donald Trump a ratifié sous les ors de Versailles en France un protocole d'accord pour mettre un terme au conflit déclenché le 28 février par les États-Unis et Israël. Après avoir apposé sa signature, le président iranien Massoud Pezeshkian a salué un document "historique" émanant d'un "Iran puissant". Moins réservé, le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a de son côté martelé que cet accord "acte l'échec des États-Unis". Des mots provocateurs qui ont peut-être un fond de vérité.
Des avoirs considérables
Téhéran peut en effet se féliciter d'avoir obtenu la suspension des sanctions américaines sur la vente de pétrole iranien mais, surtout, la promesse d'un déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger. D'où proviennent ces avoirs ? Si certains sont gelés depuis la naissance de la République islamique en 1979, la plupart dorment dans les coffres des banques depuis moins de dix ans. D'après le Wall Street Journal, qui les a répertoriés, la majeure partie de ces fonds provient des revenus pétroliers accumulés au fil des ans, après le retrait unilatéral des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien en 2018 et le rétablissement des sanctions américaines. Il s'agirait donc "principalement de paiements plus récents pour les ventes de pétrole iranien à la Chine, l'Inde, la Corée du Sud et le Japon", écrit le journal.
Un montant colossal
Combien pourrait toucher l'Iran ? Aucun chiffre officiel n'a été donné quant au montant de ces avoirs. Mais, comme le soulignent nos confrères du Monde, ils pourraient se compter en dizaines de milliards. Les autorités iraniennes les chiffrent à 100 milliards de dollars (87,54 milliards d'euros) mais certains experts estiment que la somme serait de 150 milliards, soit 130 milliards d'euros. Côté américain, rares sont ceux qui applaudissent cette clause, perçue comme largement favorable à la République islamique. Une fois réinjectés dans l'économie iranienne, ces montants titanesques pourraient bien redonner du souffle au régime des mollahs, paralysé par des décennies de sanctions internationales et décimé par le dernier conflit. D'autant que le déblocage de ces avoirs est accompagné, dans l'accord, par la création d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l'Iran.
Des critiques acerbes
"Soit jaloux, soit malhonnêtes, soit stupides" : c'est ainsi que Donald Trump a qualifié ses détracteurs. Les dérogations aux sanctions signifient que "le régime iranien est de retour aux affaires", s'est étouffé le commentateur conservateur Mark Levin dans une publication. Pas en reste, le sénateur républicain Bill Cassidy a estimé que l'accord était "la pire bourde de politique étrangère depuis des décennies". Face au scepticisme dans son camp, le président américain s'est défendu jeudi 18 juin sur son réseau Truth Social : "Ces imbéciles, qui pensent que je n'ai pas été assez dur avec l'Iran, alors que la Bourse vient d'atteindre un RECORD HISTORIQUE et que les prix du pétrole sont en train de 'chuter', sont soit jaloux, soit malhonnêtes, soit stupides."



