Le Parlement roumain a renversé le Premier ministre libéral Ilie Bolojan, marquant un tournant politique majeur dans le pays. Cette destitution fait suite à une alliance surprenante entre le Parti social-démocrate (PSD) et le parti d'extrême droite Alliance pour l'unité des Roumains (AUR).
Un vote de défiance historique
Le 5 mai 2026, les députés et sénateurs ont adopté une motion de censure par 281 voix pour, dépassant largement le seuil de 233 voix nécessaires. Le gouvernement minoritaire de Bolojan, en place depuis seulement six mois, n'a pas survécu à ce front inédit.
Les raisons de l'alliance
Les deux formations politiques ont justifié leur rapprochement par le rejet de la politique d'austérité du gouvernement libéral. Le PSD, traditionnellement de centre-gauche, et l'AUR, formation nationaliste, ont dénoncé les coupes budgétaires dans les services publics et la hausse de la TVA.
- Le PSD accuse le gouvernement de fragiliser les classes moyennes et populaires.
- L'AUR critique la gestion de la crise ukrainienne et l'ingérence supposée de l'Union européenne.
Conséquences politiques immédiates
Le président Klaus Iohannis a convoqué les partis pour des consultations en vue de former un nouveau gouvernement. Si aucune majorité ne se dégage, des élections législatives anticipées pourraient être organisées. L'incertitude plane sur la capacité du pays à maintenir son cap pro-européen.
Réactions internationales
Bruxelles a exprimé sa préoccupation face à cette instabilité. La Roumanie, membre de l'UE et de l'OTAN, joue un rôle clé dans la sécurité régionale, notamment en soutenant l'Ukraine. L'extrême droite, hostile à l'UE, pourrait influencer la politique étrangère si elle accède au pouvoir.
Cette alliance inédite entre sociaux-démocrates et extrême droite bouleverse le paysage politique roumain. Elle illustre la montée des forces populistes en Europe de l'Est et la difficulté des partis traditionnels à contrer cette tendance.



