L'Irlande assume à partir du 1er juillet la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, une fonction qui lui permet de définir les priorités législatives et diplomatiques du bloc pour les six prochains mois. Ce rôle intervient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par la guerre en Ukraine et les débats sur l'élargissement de l'UE.
Une neutralité militaire historique
L'Irlande est connue pour sa neutralité militaire, un principe inscrit dans sa politique étrangère depuis son indépendance. Elle ne fait pas partie de l'OTAN et n'a pas participé aux coalitions militaires en Irak ou en Afghanistan. Cependant, cette neutralité n'implique pas une absence de position politique. Comme le rappelle le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, « être neutre militairement ne signifie pas être neutre politiquement ». L'Irlande a ainsi soutenu les sanctions contre la Russie et fourni une aide humanitaire à l'Ukraine.
Priorités de la présidence irlandaise
Dublin a fixé quatre grandes priorités pour sa présidence : la sécurité économique, la transition climatique, la santé publique et le renforcement de la démocratie. L'Irlande souhaite également faire avancer les négociations d'adhésion avec les pays des Balkans occidentaux, un dossier qui traîne depuis des années. Selon un sondage Eurobaromètre de juin 2023, 74 % des Irlandais se disent favorables à l'élargissement de l'UE, contre 58 % en moyenne dans l'Union.
Un rôle de médiateur
La présidence irlandaise devra aussi gérer des dossiers sensibles comme la réforme des règles budgétaires européennes et la mise en œuvre du pacte sur la migration et l'asile. L'Irlande, pays qui a connu une forte immigration, pourrait jouer un rôle de médiateur entre les États membres du Sud et ceux de l'Est. « Nous voulons être un honnête courtier », a déclaré le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, lors de la présentation des priorités.
Un pays européen convaincu
Malgré sa neutralité militaire, l'Irlande est profondément intégrée à l'UE. Elle est membre de la zone euro et de l'espace Schengen, et bénéficie de fonds européens importants. Son économie, très ouverte, dépend largement du marché unique. Le pays a également été un acteur clé dans les négociations du Brexit, défendant les intérêts de l'île d'Irlande. « L'Irlande est un petit pays, mais nous avons une voix forte en Europe », affirme Simon Coveney.
Défis à venir
La présidence irlandaise devra composer avec un Parlement européen en fin de mandat et des élections européennes en juin 2024. De plus, la question de la neutralité militaire pourrait revenir sur le tapis, alors que certains États membres poussent à une plus grande autonomie stratégique de l'UE. L'Irlande a déjà participé à des missions de paix de l'ONU, mais reste attachée à sa neutralité. « Nous ne changerons pas notre position sur la neutralité militaire, mais nous sommes prêts à contribuer à la sécurité européenne par d'autres moyens », précise le ministre irlandais de la Défense, Micheál Martin.



