Donald Trump a annoncé la nomination de John F. Kelly, un ancien policier et vétéran des Marines, à la tête de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), l'agence fédérale chargée de l'application des lois sur l'immigration. Cette décision, dévoilée le 28 juin 2026, intervient dans un contexte de durcissement des politiques migratoires américaines.
Un profil sécuritaire renforcé
John F. Kelly, âgé de 52 ans, a servi pendant 20 ans dans les Marines avant de rejoindre la police de New York, où il a passé 15 ans. Selon la Maison-Blanche, il a notamment dirigé des unités antiterroristes et participé à des opérations de maintien de l'ordre lors de catastrophes naturelles. Trump a salué en lui « un homme d'action, un patriote qui mettra fin à l'impunité des clandestins ».
Cette nomination est perçue comme un signal fort adressé aux partisans d'une ligne dure sur l'immigration. L'ICE, qui emploie environ 20 000 agents, est régulièrement critiquée par les associations de défense des droits humains pour ses méthodes jugées brutales. En 2025, l'agence a procédé à plus de 150 000 arrestations, un chiffre en hausse de 12 % par rapport à l'année précédente.
Réactions politiques et associatives
Les démocrates ont immédiatement condamné cette nomination. La sénatrice Elizabeth Warren a déclaré : « Confier l'ICE à un ancien marine formé au combat, c'est envoyer le message que l'Amérique est en guerre contre les migrants. » De son côté, l'American Civil Liberties Union (ACLU) a exprimé sa « profonde inquiétude », rappelant que Kelly avait soutenu des programmes de patrouilles controversés lors de son passage à la police new-yorkaise.
En revanche, les milieux conservateurs ont applaudi. Mark Krikorian, du Center for Immigration Studies, a estimé que « Kelly a l'expérience nécessaire pour restaurer l'ordre à la frontière et appliquer la loi sans faiblesse ». Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale un pilier de son programme, mise sur ce profil pour accélérer les expulsions et renforcer les contrôles.
Impact attendu sur les politiques migratoires
Cette nomination pourrait annoncer un durcissement des opérations de l'ICE. Selon des sources proches du ministère de la Sécurité intérieure, Kelly envisagerait de tripler le nombre d'audiences accélérées pour les sans-papiers et de déployer des unités mobiles dans les grandes villes. Les États dits « sanctuaires », comme la Californie, se préparent à une confrontation juridique.
Le prédécesseur de Kelly, Tom Homan, avait déjà intensifié les raids, mais son bilan reste mitigé : le nombre de clandestins aux États-Unis est estimé à 11 millions, stable depuis 2020. Les experts divergent sur l'efficacité d'une approche régressive. « Augmenter les arrestations ne résout pas les causes profondes de l'immigration », a commenté Sarah Pierce, du Migration Policy Institute.
La confirmation de Kelly par le Sénat, où les républicains disposent d'une courte majorité, est attendue pour septembre. En attendant, il assurera l'intérim à la tête de l'ICE. Les prochains mois seront décisifs pour mesurer l'impact de cette nomination sur le terrain.



