La Pologne connaît depuis 2024 une « montée sans précédent » des attaques hybrides contre sa sécurité, principalement de la part de son voisin russe, a alerté l'agence de la sécurité intérieure du pays (ABW), dans un rapport publié mercredi. Il s'agit du premier rapport d'activités de l'ABW publié depuis 2014, dans ce pays de l'Otan et de l'UE, voisin de l'exclave russe de Kaliningrad, de l'Ukraine et de la Biélorussie.
Une hausse spectaculaire des affaires d'espionnage
La hausse la plus spectaculaire touche les affaires d'espionnage, avec au total 69 enquêtes ouvertes sur les deux dernières années, soit autant que durant l'ensemble des trois décennies précédentes. En 2025, 48 nouveaux dossiers ont été lancés, contre 21 en 2024, alors que la moyenne annuelle était de cinq cas avant l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine en 2022, selon le texte publié sur le site officiel de l'ABW. Depuis quatre ans, 82 personnes ont été inculpées d'espionnage en Pologne, dont 62 ont été placées en détention.
Des modes opérationnels différents
Les services polonais signalent « le défi le plus sérieux » d'actions de sabotage « inspirées et organisées par les services spéciaux russes », visant notamment des installations militaires, des infrastructures critiques, des bâtiments publics ainsi que des lieux liés à l'organisation du soutien à l'Ukraine en guerre.
Selon l'ABW, les services russes « modifient en permanence leurs modes opérationnels et développent les outils utilisés dans les opérations hybrides », ayant volontiers recours à des intermédiaires recrutés en ligne, parfois rémunérés en cryptomonnaies, et à des réseaux criminels structurés. De son côté, la Biélorussie, allié de la Russie, poursuit des activités d'infiltration, particulièrement au sein des communautés d'opposants en exil, alors que la Chine, elle aussi citée dans le rapport, privilégie des stratégies d'influence économique et politique.



