Le GAFI met à jour sa liste grise
Le Groupe d'action financière (GAFI), organisation intergouvernementale de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, a annoncé vendredi 19 juin 2026 la mise à jour de sa liste grise. Cette liste recense les pays considérés comme présentant des lacunes stratégiques dans leur dispositif de lutte contre ces fléaux financiers.
Sorties de liste : l'Algérie et la Namibie récompensées
L'Algérie et la Namibie ont été retirées de cette liste grise, après avoir démontré des progrès significatifs dans la mise en œuvre des recommandations du GAFI. Ces deux pays ont renforcé leur cadre législatif et réglementaire, amélioré la supervision des institutions financières et accru la coopération internationale en matière d'échange d'informations.
Pour l'Algérie, cette sortie de liste est le fruit d'un long processus de réformes engagé depuis plusieurs années. Le pays a notamment adopté une nouvelle loi anti-blanchiment en 2023, créé une cellule de renseignement financier plus efficace et intensifié les poursuites judiciaires contre les auteurs d'infractions financières.
La Namibie, de son côté, a mis en place un registre des bénéficiaires effectifs des sociétés, renforcé les contrôles aux frontières pour les mouvements de capitaux et amélioré la formation des magistrats et des enquêteurs spécialisés.
Entrées dans la liste : la Bosnie-Herzégovine et l'Irak pointés du doigt
En revanche, la Bosnie-Herzégovine et l'Irak ont été ajoutés à la liste grise, en raison de carences persistantes dans leurs dispositifs de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Ces deux pays devront désormais travailler en étroite collaboration avec le GAFI pour remédier à leurs lacunes sous peine de voir leur situation financière se dégrader.
La Bosnie-Herzégovine est critiquée pour la faiblesse de son cadre juridique, l'absence de supervision efficace des secteurs non financiers (comme les casinos ou les agents immobiliers) et des difficultés à geler les avoirs liés au terrorisme. L'Irak, quant à lui, doit faire face à une corruption endémique, un système bancaire fragile et des flux financiers opaques en provenance de groupes armés.
Conséquences de l'inscription sur la liste grise
L'inscription sur la liste grise du GAFI n'emporte pas de sanctions automatiques, mais elle expose les pays concernés à une surveillance renforcée de la part des institutions financières internationales et peut dissuader les investisseurs étrangers. Les pays listés doivent présenter un plan d'action pour corriger leurs faiblesses et faire l'objet d'un suivi régulier.
Cette mise à jour intervient alors que le GAFI intensifie ses efforts pour lutter contre les flux financiers illicites, qui représenteraient entre 2 et 5 % du PIB mondial selon les estimations. L'organisation, qui compte 39 membres, publie trois fois par an une actualisation de ses listes noire et grise.
Réactions internationales
L'Algérie et la Namibie ont salué cette décision, y voyant une reconnaissance de leurs efforts. Le ministre algérien des Finances a déclaré que cette sortie de liste "renforce la crédibilité de notre système financier et ouvre de nouvelles perspectives pour les investissements étrangers".
De leur côté, la Bosnie-Herzégovine et l'Irak ont indiqué leur volonté de coopérer pleinement avec le GAFI pour sortir de cette liste dans les meilleurs délais. L'Union européenne, qui suit de près ces évolutions, a appelé les deux pays à mettre en œuvre des réformes structurelles ambitieuses.



