L'organisation de défense des droits humains Amnesty International a appelé, jeudi 14 mai, à une enquête indépendante sur de possibles crimes de guerre commis par l'armée israélienne en Syrie. Selon un rapport publié par l'ONG, des frappes aériennes israéliennes menées en 2025 et 2026 ont causé la mort de nombreux civils et la destruction d'infrastructures civiles, ce qui pourrait constituer des violations du droit international humanitaire.
Des frappes meurtrières
Le rapport d'Amnesty International documente plusieurs attaques, notamment une frappe sur un marché dans la province de Deraa en octobre 2025, qui a tué au moins 15 civils, dont des femmes et des enfants. Une autre frappe a visé un hôpital de campagne dans la région d'Alep, faisant 12 morts parmi le personnel médical et les patients. L'ONG souligne que ces attaques n'ont pas semblé cibler des objectifs militaires légitimes, ce qui soulève des questions sur le respect du principe de distinction.
Réactions internationales
Le gouvernement israélien a rejeté ces accusations, affirmant que ses frappes visaient des positions militaires iraniennes et des groupes armés soutenus par l'Iran en Syrie. Cependant, Amnesty International insiste sur la nécessité d'une enquête impartiale pour établir les faits. L'organisation a également appelé la communauté internationale à exercer des pressions sur Israël pour qu'il respecte le droit international.
De son côté, le gouvernement syrien a condamné les frappes israéliennes et demandé une action de l'ONU. La Russie, alliée de la Syrie, a également critiqué les actions d'Israël, les qualifiant de violation de la souveraineté syrienne.
Précédents et contexte
Israël a mené des centaines de frappes en Syrie depuis le début de la guerre civile en 2011, principalement contre des cibles iraniennes et des groupes affiliés au Hezbollah. Cependant, ces frappes ont souvent causé des dommages collatéraux et des pertes civiles. Amnesty International rappelle que les attaques disproportionnées ou délibérées contre des civils peuvent constituer des crimes de guerre.
L'ONG appelle à une enquête approfondie et à la poursuite des responsables présumés devant la Cour pénale internationale si nécessaire. Le rapport d'Amnesty International intervient alors que la situation en Syrie reste volatile, avec des combats sporadiques et une crise humanitaire persistante.



