L'archidiocèse de San Francisco a accepté de verser 395 millions de dollars à plus de 500 victimes d'abus sexuels sur mineurs commis par des prêtres et d'autres membres du clergé. Cet accord à l'amiable, annoncé le 30 juin 2026, met fin à des années de procédures judiciaires et représente l'une des plus importantes indemnisations de ce type aux États-Unis.
Un accord historique après des années de procès
Selon les termes de l'accord, chaque victime recevra une compensation financière, dont le montant varie en fonction de la gravité des abus subis. L'archidiocèse, qui avait déposé le bilan en 2023 face à la multiplication des plaintes, a dû vendre une partie de ses actifs immobiliers pour financer cette indemnisation. « Nous espérons que cet accord apportera un peu de paix aux survivants, qui ont souffert en silence pendant trop longtemps », a déclaré l'archevêque de San Francisco, Mgr Salvatore Cordileone, dans un communiqué.
Des abus systématiques sur plusieurs décennies
Les abus, perpétrés entre les années 1950 et 2010, impliquent plus de 200 prêtres et employés de l'Église. Les victimes, âgées de 7 à 17 ans au moment des faits, ont subi des agressions sexuelles dans des paroisses, des écoles et des centres de jeunesse. « C'est la plus grande affaire d'abus sexuels dans l'histoire de l'Église catholique américaine », a souligné John Manly, avocat représentant les victimes. Il a ajouté que « cet accord envoie un message fort : l'Église doit rendre des comptes ».
Un précédent dans la lutte contre les abus dans l'Église
Cet accord s'inscrit dans une série de scandales d'abus sexuels au sein de l'Église catholique aux États-Unis. En 2024, l'archidiocèse de Los Angeles avait déjà versé 880 millions de dollars à 1 300 victimes. La somme de 395 millions de dollars pour San Francisco est l'une des plus élevées par victime, avec une moyenne d'environ 750 000 dollars. L'accord prévoit également des mesures de transparence, notamment la publication des noms des agresseurs présumés et la mise en place de mécanismes de signalement indépendants.
Des réactions mitigées parmi les victimes
Si de nombreuses victimes se disent soulagées, certaines estiment que l'indemnisation ne pourra jamais réparer le traumatisme subi. « L'argent ne rendra pas mon enfance, mais c'est une reconnaissance de ce que j'ai vécu », a confié une victime sous couvert d'anonymat. D'autres critiques dénoncent le fait que l'Église ait attendu si longtemps pour agir et que certains responsables n'aient jamais été poursuivis pénalement. L'avocat général de la Californie a salué l'accord, tout en rappelant que « la justice ne se limite pas à des compensations financières ».
Vers une réforme de l'Église ?
Cet accord pourrait accélérer les réformes au sein de l'Église catholique américaine. Plusieurs diocèses ont déjà mis en place des programmes de prévention et de formation du clergé. Cependant, des associations de victimes réclament une enquête nationale indépendante sur les abus dans l'Église. « Il faut que cela cesse. Nous avons besoin de mesures concrètes pour protéger les enfants », a insisté une porte-parole du groupe Survivors Network of those Abused by Priests (SNAP).



