Roland-Garros : Kostyuk en croisade contre les joueuses russes
Roland-Garros : Kostyuk défie les Russes en demi-finale

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

N'allons pas jusqu'à dire que la rafraîchissante comète polonaise Maja Chwalinska sauve le tournoi féminin, mais disons que trois joueuses russes contre une seule Ukrainienne dans le dernier carré aurait été mal vu. Anna Kalinskaya, victime de Chwalinska en quarts, peut se regarder dans la glace : parmi les Russes, elle est l'une des rares à avoir publiquement dénoncé l'invasion de l'Ukraine, avec Kasatkina. Une mère ukrainienne invite à l'introspection.

On ne peut pas en dire autant de Mirra Andreeva et Diana Schnaider, qui sont passées entre les gouttes. Quatre ans, c'est long, et le circuit veut passer à autre chose. Mais tout le monde ne travaille pas quotidiennement avec un collègue russe dont on ignore s'il approuve les bombardements. Ne faisons pas de faux procès : on ne sait pas ce qu'elles pensent, et c'est là tout le problème pour Marta Kostyuk, demi-finaliste ukrainienne opposée à Andreeva.

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Kostyuk part en croisade

La 15e mondiale, qui avait choisi de se préserver, a compris que rappeler sa détresse et le peu de cas qu'en fait la WTA ne l'empêche pas de gagner : 17 victoires d'affilée depuis Rouen. Ce jour-là, elle saluait « un moment historique pour le tennis ukrainien », une première finale entre compatriotes, après s'être entraînée en Ukraine pour la première fois depuis 2022, sous les alertes de drones.

Kostyuk avait tout cela en tête en début de tournoi, commencé en panique : le matin de son premier match, elle a appris qu'une bombe russe avait rasé les environs du domicile de ses parents. Depuis, elle artille tous azimuts, à rebours de l'ambiance générale qui voyait les Russes sortir du purgatoire. Veronika Kudermetova confiait l'an passé : « La première année était très difficile, mais maintenant tous les joueurs sont là pour jouer au tennis, pas pour parler de politique ».

Schnaider ne veut pas parler « de la situation »

Changement de décor en 2026 : Diana Shnaider, tombeuse de Sabalenka, a dû se justifier d'avoir joué en Russie dans un événement sponsorisé par Gazprom, et de likes douteux sur le profil de Margarita Simonyan, propagandiste de RT. Réponse embarrassée : « Je travaille toute l'année, je ne vois pas ma famille. Jouer devant eux est une occasion de montrer mon tennis. Les réseaux sociaux ? Je suis là pour jouer, pas pour parler d'Instagram. »

Relancée sur la guerre, elle esquive : « Je ne vais pas parler de cette situation, je suis là pour le tennis. » « Situation », nouveau synonyme d'« opération spéciale ». De quoi faire dégoupiller Kostyuk : « J'aimerais une position plus claire quand votre pays tue d'autres personnes. Je ne sais pas comment elles peuvent dormir tranquille. »

Dans son viseur, Mirra Andreeva, épinglée en 2023 pour un like sur une vidéo insultante envers les Ukrainiens. Interrogée à Wimbledon, elle avait simplement dit être « en faveur de la paix ». Kostyuk déplore : « Elles savent ce qui se passe, elles ont Instagram. Après quatre ans, on sait de quel côté elles sont. »

Quant à l'excuse de la famille en Russie, Kostyuk rétorque : « On peut contester publiquement, comme Daria Kasatkina, qui a changé de nationalité malgré les menaces. » Un exemple sans émules, alors que la WTA semble se laver les mains.

L'instance a vu avec soulagement la plainte de Tsurenko rejetée par la justice américaine. La joueuse ukrainienne accusait la WTA de la plonger dans une « détresse émotionnelle » et son président d'avoir minimisé le soutien à la guerre. Une façon de voir les choses.

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