Pour une « Union dans l’Union » : l’appel d’une avant-garde fédérale européenne
Une « Union dans l’Union » pour sauver l’Europe

Un appel pour une Europe plus intégrée face aux défis mondiaux

Le Comité d’Action pour les États-Unis d’Europe, qui compte parmi ses membres Josep Borrell et Guy Verhofstadt, propose la création d’une « avant-garde » de l’Union européenne beaucoup plus intégratrice et volontariste. Selon eux, seul ce moyen permettrait de contrer la puissance des États-Unis, de la Russie et de la Chine. Dans un article publié le 31 mai 2026, ils estiment que l’UE n’a pas été conçue pour fonctionner dans un monde dominé par des empires continentaux et qu’une Union plus forte doit émerger.

Un constat alarmant sur la situation de l’Europe

L’Europe est un continent vieillissant, en retard sur les États-Unis et la Chine en termes de croissance et de productivité. Elle souffre d’un manque d’investissements et lutte pour maintenir son modèle social. Parallèlement, elle doit faire face à un bouleversement géopolitique : la Russie menace sa sécurité à l’Est, tandis que son allié traditionnel, les États-Unis, devient au mieux un partenaire peu fiable, au pire une puissance hostile. Avec seulement 5 % de la population mondiale et une part déclinante de l’économie mondiale, seule une Europe plus unie, économiquement et politiquement, capable d’assurer sa propre sécurité et sa propre défense, peut affronter efficacement les trois puissances continentales qui cherchent à diviser le monde en sphères d’influence.

Le blocage des réformes par les vetos nationaux

Malgré l’agression contre l’Ukraine et les menaces de Donald Trump sur le Groenland, les dirigeants européens n’ont lancé aucune initiative audacieuse pour renforcer l’Union. Le problème n’est pas le manque de plans, mais l’absence de consensus parmi les Vingt-Sept. Enrico Letta et Mario Draghi ont proposé des mesures essentielles pour relancer la croissance et la compétitivité, comme la suppression des barrières nationales dans les services financiers, les télécommunications, les marchés numériques et l’énergie, ou l’harmonisation des lois sur les faillites et du droit des sociétés. Mais ces avancées sont bloquées par des intérêts nationaux puissants et des minorités de blocage au Conseil.

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Les événements récents illustrent l’urgence : la guerre en Iran, le blocus du détroit d’Ormuz et les bombardements au Liban ont montré comment le veto d’un seul État membre peut bloquer une déclaration commune. Viktor Orbán a récemment mis en péril la sécurité du continent en bloquant un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine et le 20e paquet de sanctions contre la Russie, alors que la Hongrie ne représente que 1 % du PIB de l’UE et 2 % de sa population.

La solution : une « Union dans l’Union »

Face à cette impasse, le Comité d’Action propose de créer une avant-garde fédérale d’États membres volontaires, sur le modèle de Schengen et de la monnaie unique. Cette avant-garde compléterait le marché intérieur, mutualiserait la souveraineté sur l’euro, la fiscalité et les investissements à grande échelle dans la technologie, le climat et l’énergie, ainsi que sur l’industrie de défense. Elle mettrait en place un Conseil de Sécurité européen et une défense dotée de capacités communes et de sa propre chaîne de commandement, et déciderait à la majorité qualifiée dans tous les domaines, y compris la politique étrangère, la défense, la fiscalité et les questions financières.

Cette « Union dans l’Union » pourrait être établie par une combinaison de coopérations renforcées avec une composition homogène, soutenues par un traité instrumental pour définir les règles de prise de décision et garantir la responsabilité démocratique. Les signataires estiment que si la France, l’Allemagne, les pays du Benelux, la Pologne et l’Espagne prenaient les devants, cette Union 2.0 agirait comme un puissant aimant pour les autres États membres réticents.

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Un large soutien de personnalités européennes

La tribune est signée par de nombreuses personnalités, dont Josep Borrell, Guy Verhofstadt, Domènec Ruiz Devesa, Moritz Hergl, Philippe Laurette, Rossen Plevneliev, Petre Roman, Mercedes Bresso, Nicolas Schmit, Danuta Hübner, Luca Jahier, Pierre Larrouturou, Willy Claes, Andrea Wechsler, Monica Frassoni, Thijs Reuten, Luca Visentini, Jo Leinen, Brando Benifei, Sandro Gozi, Guillaume Klossa, Richard Corbett, Patrizia Toia, Andrew Duff, Christelle Savall, Giulia Rossolillo, Francisco Aldecoa, Lieven Taillie, Michele Fiorillo, Eric Pestel et Miguel Ángel Martín Ramos. Tous appellent à une Europe plus intégrée pour assurer sa sécurité et sa survie dans un monde dangereux.