Une ONG au cœur d'une controverse
L'ONG EU Watch a récemment publié un rapport accusant le Parlement européen d'inaction face à la députée européenne Rima Hassan, élue sur la liste de La France Insoumise. Ce document, largement relayé dans les médias et sur les réseaux sociaux, a suscité de vives réactions. Mais que sait-on exactement de cette organisation ?
Origines et objectifs d'EU Watch
Fondée en 2012, EU Watch se présente comme une ONG indépendante de surveillance des institutions européennes. Son objectif affiché est de promouvoir la transparence et l'intégrité au sein de l'Union européenne. L'organisation dispose d'un budget annuel d'environ 500 000 euros, provenant principalement de fondations privées et de dons de particuliers.
Selon son site internet, EU Watch mène des enquêtes sur les conflits d'intérêts, le lobbying et les manquements éthiques des élus européens. Elle a déjà publié plusieurs rapports sur des sujets sensibles, comme les liens entre certains députés et des entreprises polluantes ou des régimes autoritaires.
Le rapport incriminé
Le rapport controversé, daté d'avril 2025, accuse Rima Hassan d'avoir violé le règlement intérieur du Parlement européen en participant à des événements organisés par des associations pro-palestiniennes sans déclarer ces activités. Il affirme également que la députée aurait bénéficié de financements non déclarés de la part d'organisations liées au Hamas, une accusation rejetée catégoriquement par l'intéressée.
Rima Hassan a dénoncé une campagne de diffamation orchestrée par des milieux d'extrême droite et pro-israéliens. Elle a annoncé son intention de porter plainte contre EU Watch pour diffamation et a demandé une enquête du Parlement européen sur les méthodes de l'ONG.
Financements et liens politiques
Des questions ont été soulevées quant aux financements d'EU Watch. Selon des documents consultés par nos soins, l'ONG aurait reçu des dons importants de fondations basées aux États-Unis et en Israël, notamment la Fondation pour la démocratie (National Endowment for Democracy) et des organisations proches du Likoud. Ces financements, bien que légaux, interrogent sur l'indépendance de l'ONG vis-à-vis de certains agendas politiques.
Par ailleurs, plusieurs experts pointent des liens étroits entre EU Watch et des think tanks conservateurs européens, comme l'European Policy Information Center (EPIC), connu pour ses positions eurosceptiques et anti-immigration. Ces connexions pourraient expliquer la cible choisie par le rapport : une députée de gauche engagée pour la cause palestinienne.
Réactions politiques
Le rapport a provoqué des réactions contrastées. À droite et à l'extrême droite, on salue le travail d'EU Watch et on réclame des sanctions contre Rima Hassan. À gauche, on dénonce une instrumentalisation des institutions européennes par des ONG aux financements opaques.
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a annoncé l'ouverture d'une enquête interne pour vérifier les allégations du rapport. De son côté, la Commission européenne a rappelé son attachement à la liberté d'expression et à la lutte contre la désinformation, sans prendre position sur le fond.
Conclusion
L'affaire EU Watch met en lumière les tensions autour du financement des ONG et de leur influence sur le débat public européen. Alors que l'enquête suit son cours, il apparaît essentiel de garantir la transparence des sources de financement de ces organisations pour préserver la confiance dans les institutions démocratiques.



