Une communauté sous pression constante
Les Ahmadis, une secte musulmane considérée comme hérétique par l'orthodoxie sunnite, sont de plus en plus persécutés au Pakistan. Selon un rapport de Human Rights Watch publié en 2025, au moins 14 membres de la communauté ont été tués en 2024 dans des attaques ciblées, souvent par des foules en colère. La loi pakistanaise interdit aux Ahmadis de se dire musulmans, de prier dans les mosquées ou de faire le pèlerinage à La Mecque.
Des violences alimentées par les lois sur le blasphème
Les lois pakistanaises sur le blasphème, qui prévoient la peine de mort pour toute insulte envers l'islam, sont fréquemment utilisées contre les Ahmadis. En 2023, plus de 40 Ahmadis ont été arrêtés sous ces charges, souvent sur la base de témoignages douteux. "Notre seule faute est d'appartenir à la communauté ahmadiste", déclare un porte-parole de la communauté, cité par l'ONG. "Les fanatiques croient que nous tuer leur vaudra le paradis."
Un contexte de radicalisation croissante
La persécution des Ahmadis s'inscrit dans un contexte plus large de radicalisation religieuse au Pakistan. Des groupes extrémistes comme le Lashkar-e-Jhangvi appellent ouvertement à la violence contre cette minorité. Les autorités, souvent réticentes à intervenir, sont accusées de complicité par inaction. En 2024, une attaque contre un quartier ahmadi à Lahore a fait 10 morts, sans qu'aucune arrestation n'ait été signalée.
Un exil forcé pour de nombreux fidèles
Face à ces menaces, de nombreux Ahmadis choisissent l'exil. Selon l'ONG Amnesty International, environ 2 millions d'Ahmadis vivent encore au Pakistan, mais des milliers ont fui vers le Canada, le Royaume-Uni ou d'autres pays. Ceux qui restent vivent dans la peur, souvent cachés, et évitent de pratiquer leur foi publiquement. La communauté internationale est critiquée pour son manque d'action concrète face à cette situation.



