Un événement de Pâques surréaliste à Washington
Par une matinée fraîche et ensoleillée de lundi à Washington, Donald Trump est apparu au balcon de la Maison-Blanche, flanqué d'une Melania impassible et d'un lapin de Pâques énergique. « Aujourd'hui, nous fêtons Jésus-Christ », a-t-il lancé en préambule, avant d'enchainer sur des déclarations martiales. « Nous avons battu tous les records avec notre armée. Et que dire du sauvetage d'hier ? » La foule a acclamé ces propos, tandis que le lapin battait des pattes avec enthousiasme.
Un discours entre menaces et références religieuses
Le ton est rapidement monté concernant l'Iran, qualifié de « territoire très hostile » peuplé de « combattants redoutables ». Trump a évoqué avec flou la puissance actuelle de l'ennemi, assurant qu'elle n'était « plus trop forte du tout » comparée à il y a un mois. Il a rappelé l'opération au Venezuela, salué les « super fermiers » présents – ce qui a fait frétiller les oreilles roses du lapin – et attaqué Joe Biden, l'accusant d'utiliser un « autopen » pour signer.
Dans une salle de presse bondée, entouré de membres de sa famille et de hauts responsables comme le directeur de la CIA John Ratcliffe ou le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, Trump a loué le « génie » de l'armée et décrit une opération de sauvetage comme « l'une des plus vastes et complexes jamais entreprises ». Il a comparé les montagnes iraniennes à un « décor de cinéma idéal » et Ratcliffe à un acteur « tout droit sorti d'un casting hollywoodien ».
Menaces explicites et ultimatum
Le cœur du discours a porté sur des menaces de guerre extrêmes. Trump a assuré que « chaque pont en Iran sera détruit demain à minuit » et que toutes les centrales électriques « brûleront, exploseront et ne pourront plus jamais être utilisées ». Des experts y voient un crime de guerre, ce qui ne semble pas inquiéter l'ancien président : « Non, pas du tout », a-t-il répondu sèchement.
Il a fixé un ultimatum inflexible au 7 avril à 20 heures (4 heures du matin à Téhéran), tout en laissant planer le doute sur une éventuelle intensification : « Je ne peux pas vous dire. Ça dépendra de ce qu'ils feront. » Sur Truth Social, il avait menacé plus tôt : « Mardi, ce sera le Jour de la Centrale Électrique et le Jour du Pont… en Iran. On n'aura jamais rien vu de tel !!! »
Contexte de frappes et réactions internationales
Ces déclarations interviennent après des frappes israéliennes meurtrières dans la nuit de dimanche à lundi, ayant tué Majid Khademi, chef du renseignement des Gardiens de la Révolution, et touché des infrastructures clés comme l'usine pétrochimique de South Pars et des aéroports de Téhéran. Selon l'AP, ces attaques auraient causé plus de 29 morts.
L'Iran, par la voix de son porte-parole militaire Ebrahim Zolfaghari, a promis des représailles « avec une force et une ampleur bien plus importantes ». À l'ONU, le porte-parole Stéphane Dujarric a rappelé l'interdiction du droit international humanitaire de cibler les infrastructures civiles.
Un mélange déroutant de religion et de politique
L'événement a été marqué par un syncrétisme étrange entre politique et messianisme. Pete Hegseth, figure du nationalisme chrétien, a comparé le sauvetage d'un pilote à la résurrection du Christ : « Abattu un vendredi, caché dans une grotte, secouru le dimanche de Pâques… un pilote renaît. Dieu est bon. » Trump a lui-même affirmé mener une « guerre sainte » et assuré que Dieu veillait sur eux pendant la période de Pâques.
Il a aussi attaqué l'Otan, qualifiée de « tigre de papier », et évoqué le Groenland : « Nous voulons le Groenland. Ils ne veulent pas nous le donner. Et j'ai dit : “Bye bye !” » Interrogé sur sa santé mentale par un journaliste, Trump a rétorqué : « Il va falloir plus de gens comme moi. » L'ancienne représentante Marjorie Taylor-Greene a tweeté que Trump était « devenu fou » et que son entourage était complice.
Alors que le compte à rebours vers l'ultimatum est enclenché, le monde retient son souffle, habitué aux escalades verbales de Trump mais confronté cette fois à des menaces d'une violence inédite, enveloppées dans le décor surréaliste d'une fête de Pâques à la Maison-Blanche.



