Militant tibétain meurt immolé par le feu devant l'ONU à New York
Militant tibétain immolé par le feu devant l'ONU à New York

Un militant tibétain, identifié comme Lobga Rangzen, s'est immolé par le feu jeudi 2 juillet 2026 devant le siège des Nations unies à New York, avant de succomber à ses blessures. Selon des ONG, il s'agissait d'un acte de protestation contre une nouvelle loi chinoise d'assimilation du Tibet.

Un acte filmé en direct sur Facebook

La scène, qui a duré plus d'une minute, a été capturée en direct sur Facebook par la victime. La police de New York (NYPD) a indiqué avoir reçu un appel à 18 h 32 signalant qu'un homme s'était immolé par le feu à proximité du siège des Nations unies. Malgré l'intervention des secours, « son décès a été constaté à l'hôpital Bellevue » de Manhattan, a précisé le NYPD, qui a ouvert une enquête.

Des enregistrements diffusés sur les réseaux sociaux montrent l'homme en tenue monastique plantant un drapeau tibétain sur le rebord de la route avant de se mettre le feu. Après plus d'une minute de combustion, un homme accourt muni d'un extincteur et éteint les flammes.

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Réactions des ONG et de l'ONU

Tencho Gyatso, président de l'ONG Campagne internationale pour le Tibet, a identifié le défunt comme étant Lobga Rangzen, « un défenseur infatigable du Tibet qui se consacrait à sensibiliser pacifiquement l'opinion publique à la crise des droits humains au Tibet ». Le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réagi dans un communiqué : « Nous sommes attristés par cet incident tragique et effroyable et nous présentons nos condoléances à sa famille ».

Une protestation contre une nouvelle loi chinoise

Tencho Gyatso a précisé que Lobga Rangzen avait vivement dénoncé une nouvelle loi sur « l'unité ethnique » adoptée par la Chine. Cette loi vise officiellement à forger une identité nationale « partagée » entre groupes ethniques et à « renforcer la cohésion » du pays, notamment en officialisant des politiques destinées à promouvoir le mandarin comme « langue commune nationale ». Le texte criminalise le fait de se livrer à des « activités terroristes violentes, des activités de séparatisme ethnique, ou des activités d'extrémisme religieux ».

Un conflit vieux de 76 ans

La Chine reconnaît officiellement 55 minorités ethniques sur son territoire, mais les politiques gouvernementales ont déjà fait du mandarin la langue d'enseignement dans certaines régions à forte population minoritaire, comme le Tibet. Les défenseurs des droits humains estiment que cette nouvelle loi a été rédigée pour fournir une couverture légale aux politiques d'assimilation forcée des minorités au bénéfice de la majorité Han.

Le Tibet a été envahi en 1950 par les troupes chinoises, qui en ont fait une province de Chine. Le Dalaï Lama, 90 ans, est installé en Inde depuis sa fuite de Lhassa, la capitale tibétaine, après l'écrasement d'un soulèvement par les troupes chinoises en 1959. La politique de « voie médiane » défendue de longue date par le chef de la communauté spirituelle tibétaine vise l'autonomie et un « règlement du conflit sino-tibétain par la non-violence, le dialogue et le bénéfice mutuel ».

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