Un drame qui ravive les critiques
L'émotion est vive après l'attaque terroriste qui a frappé le nord du Mali, faisant de nombreuses victimes parmi les civils et les forces locales. Ce drame, survenu le 3 mai 2026, relance avec acuité les interrogations sur l'efficacité de l'intervention militaire française au Sahel. Lancée en 2013 sous le nom d'opération Serval, devenue Barkhane en 2014, la présence française visait à neutraliser les groupes djihadistes et à stabiliser la région. Pourtant, dix ans plus tard, le constat est amer : les violences persistent, s'étendent et les fragilités étatiques s'aggravent.
Une stratégie contestée
Les critiques portent sur plusieurs aspects. D'abord, l'approche essentiellement militaire, privilégiant les frappes ciblées et les opérations de contre-insurrection, n'a pas su s'accompagner d'un volet politique et de développement suffisant. Ensuite, le soutien à des armées locales, mal formées et parfois corrompues, a montré ses limites. Enfin, la gestion des relations avec les populations civiles, souvent prises entre deux feux, a alimenté un ressentiment exploité par les groupes armés.
Des conséquences humaines et politiques
Le bilan humain est lourd : des milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés. Politiquement, la situation a favorisé les coups d'État au Mali, au Burkina Faso et au Niger, alimentant un sentiment anti-français et une remise en cause de la présence occidentale. Les nouvelles autorités maliennes se sont tournées vers la Russie, via le groupe Wagner, accentuant les tensions régionales.
Quelles leçons pour l'avenir ?
Ce drame interroge directement les choix stratégiques français. Faut-il maintenir une présence militaire, la réduire ou la transformer ? L'échec apparent de Barkhane plaide pour une approche multilatérale renforcée, impliquant davantage les acteurs régionaux et internationaux, et pour un investissement massif dans le développement économique et social. La France doit tirer les leçons de cette tragédie pour repenser sa politique au Sahel, sous peine de voir la région sombrer davantage dans le chaos.



