Une religieuse française de 48 ans a été violemment agressée mardi 29 avril à Jérusalem, près du tombeau de David sur le mont Sion. Un homme de 36 ans, soupçonné d'être l'auteur des coups, a été arrêté et placé en garde à vue, a annoncé la police israélienne mercredi. L'attaque, qualifiée d'"abjecte" par le ministère des Affaires étrangères israélien, survient dans un contexte de tensions croissantes et d'actes antichrétiens visant des religieux dans la Vieille Ville.
Les faits : une agression brutale
Selon le père Olivier Poquillon, directeur de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem (Ebaf), où la religieuse catholique est chercheuse, l'agression s'est déroulée en deux temps. "La sœur a senti quelqu'un qui arrivait derrière elle et qui l'a projetée de toutes ses forces sur une pierre", a-t-il raconté à l'AFP. Alors qu'elle était au sol, l'homme a commencé à la rouer de coups de pied. Heureusement, un touriste israélien est intervenu, empêchant le pire. La religieuse n'a été que légèrement blessée, mais elle reste très choquée.
Une vague de condamnations
Le Consulat général de France à Jérusalem a "fermement" condamné cette agression, demandant que son auteur soit traduit en justice. Une source diplomatique européenne a souligné que cet acte s'inscrit dans un contexte d'actes antichrétiens devenus courants, avec des insultes et des crachats de la part d'extrémistes visant des religieux en habit. "Mais là on atteint un autre niveau", a-t-elle ajouté. La Faculté de lettres et sciences humaines de l'Université hébraïque de Jérusalem a également condamné une "agression violente", notant qu'il ne s'agit pas d'un incident isolé mais d'une tendance préoccupante d'hostilité croissante contre la communauté chrétienne.
Enquête en cours
La police israélienne a indiqué que le suspect a été placé en garde à vue pour être interrogé, tous les mobiles possibles étant examinés. Sur la vidéo de l'arrestation diffusée par la police, un agent signale en hébreu que l'homme est soupçonné "d'agression ayant entraîné des blessures et motivée par un mobile nationaliste". La police a demandé au tribunal une prolongation de la garde à vue. De son côté, Olivier Poquillon a précisé : "Nous suivrons avec attention la procédure judiciaire au civil comme au pénal."
Le ministère des Affaires étrangères israélien a assuré qu'"Israël demeure fermement engagé à protéger la liberté de religion et de culte pour toutes les confessions". Une photo diffusée par la police montre la sœur en habit, visage flouté, avec une large trace violacée à la tempe, témoignant de la violence de l'attaque.



