Israël renforce son contrôle en Cisjordanie, suscitant des craintes d'annexion et des condamnations internationales
Israël renforce son contrôle en Cisjordanie, craintes d'annexion

Israël renforce son emprise en Cisjordanie, déclenchant une vague de condamnations internationales

Devant un bâtiment démoli par l'armée israélienne, dans la ville de Chouqba, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 février 2026, les critiques contre Israël se multiplient dans le monde. Cette réaction fait suite aux annonces, la veille, de mesures renforçant considérablement son contrôle sur la Cisjordanie, alimentant les craintes d'une annexion de ce territoire palestinien occupé depuis 1967.

Des règles approuvées par le cabinet de sécurité israélien

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé, dimanche, une série de règles permettant à Israël d'étendre son contrôle dans des zones administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo. Ces mesures, qui ne nécessitent pas l'approbation d'un autre organe, facilitent notamment l'achat de terres pour les colons israéliens, avec l'abrogation d'une loi datant de plusieurs décennies.

Elles permettent aussi aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même dans des zones sous contrôle palestinien, et simplifient l'obtention de permis de construire pour les colons à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie.

Réactions internationales et préoccupations

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s'est dit « gravement préoccupé », mettant en garde contre le fait que cette décision compromet la perspective d'une solution à deux États. L'Union européenne a condamné « un nouveau pas dans la mauvaise direction », rappelant que l'annexion est illégale en droit international.

Les ministres des affaires étrangères de plusieurs pays, dont l'Arabie saoudite, l'Égypte et la Turquie, ont dénoncé l'imposition « d'une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie, accélérant ainsi les tentatives de son annexion illégale ».

Positions divergentes et contexte local

Alors que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, est attendu à Washington, le président américain Donald Trump a averti par le passé qu'il ne « permettrait pas l'annexion de la Cisjordanie ». En revanche, le ministre des finances israélien, Bezalel Smotrich, a applaudi des mesures permettant « d'enterrer l'idée d'un État palestinien ».

La présidence palestinienne à Ramallah a fustigé ces décisions, tandis que des experts soulignent que cette accélération transforme une « annexion rampante » en une « course à toute allure ». Hors Jérusalem-Est, environ 3 millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie aux côtés de plus de 500 000 Israéliens dans des colonies considérées illégales par le droit international.

La croissance des colonies israéliennes a atteint en 2025 un niveau inédit depuis le début du suivi de l'ONU en 2017, selon un rapport du secrétaire général des Nations unies. Ces développements bouleversent l'équilibre sur le terrain et remettent en question l'avenir politique des Palestiniens en Cisjordanie.