Israël exclut le Liban de la trêve avec l'Iran, poursuivant ses frappes contre le Hezbollah
Israël a officiellement accepté ce mercredi 8 avril la trêve de deux semaines décidée par l'ancien président américain Donald Trump avec l'Iran. Cependant, l'État hébreu a immédiatement posé sa ligne rouge : le Liban ne fera pas partie de cet accord de cessez-le-feu. Dans un communiqué, les autorités israéliennes ont précisé que les opérations militaires se poursuivraient sur le front libanais, visant spécifiquement le Hezbollah, le puissant mouvement paramilitaire chiite allié de Téhéran.
Une trêve qui ne change rien sur le terrain libanais
Sur le terrain, la situation reste extrêmement tendue. Dans la nuit de mardi à mercredi, alors même que les contours du cessez-le-feu avec l'Iran se dessinaient, une frappe israélienne sur Saïda, dans le sud du Liban, a fait huit morts et vingt-deux blessés. Ce mercredi, l'armée israélienne a en outre renouvelé son appel à évacuer sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, selon les informations du journal L'Orient-Le Jour.
Face à cette trêve qui laisse le Liban sous les bombes, plusieurs pays européens ont haussé le ton. Le président français Emmanuel Macron s'est félicité du cessez-le-feu conclu entre l'Iran et les États-Unis, tout en soulignant que la situation au Liban restait "critique" et en appelant à inclure le pays dans l'accord. De son côté, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a jugé "inacceptable" qu'Israël poursuive les combats au Liban malgré la trêve.
Le Hezbollah menace de reprendre les hostilités
Le président libanais Joseph Aoun a assuré que Beyrouth poursuivrait ses efforts pour que le Liban "soit inclus dans la paix régionale, de façon stable et durable". Cependant, le député du Hezbollah Ibrahim Moussaoui a affirmé sur la chaîne Al-Jadeed que le cessez-le-feu incluait bien le Liban dans sa version officielle, précisant que "l'Iran a insisté sur ce point".
Il a lancé un avertissement sans ambiguïté : si Israël ne respecte pas la trêve, "alors personne ne la respectera", promettant une riposte venue "de la région et de l'Iran". Cette prise de position intervient alors que le Hezbollah a suspendu ses attaques depuis l'annonce de la pause de deux semaines, malgré la poursuite des frappes israéliennes sur le sud du Liban.
Un bilan humanitaire catastrophique
Depuis le 2 mars, date à laquelle le Hezbollah a tiré plusieurs projectiles depuis le sud du Liban vers le nord d'Israël en représailles à l'assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei, les frappes israéliennes ont fait 1 530 morts au Liban selon le ministère libanais de la Santé. Plus d'un million de personnes – soit près d'un quart de la population libanaise – ont été contraintes de fuir leur foyer.
La situation humanitaire est telle que même les convois d'aide peinent à circuler sous les bombardements. Le 7 avril, un convoi organisé par le Vatican a ainsi été contraint de rebrousser chemin près de Debel, un village dans le sud du Liban, faute de garanties de sécurité sur la route.
Dans le New York Times, la journaliste franco-américaine Nada Bakri écrit : "Aujourd'hui encore, après toutes ces années, le Liban est pris en étau entre un parti qui prétend le défendre – le Hezbollah – et une guerre dont le pays doit subir les conséquences. Ma maison est toujours debout. Mais comme une grande partie du pays, elle ne tient qu'au bon vouloir des armées qui l'encerclent." Pour les Libanais, la paix reste pour l'instant une promesse lointaine.



