L'Iran impose de nouvelles routes maritimes dans le détroit d'Ormuz
La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a annoncé, jeudi, la mise en place de routes alternatives pour le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. Téhéran justifie cette mesure par des risques potentiels de "mines" sur l'itinéraire habituel, plus au large.
Des itinéraires proches des côtes iraniennes
Selon un communiqué militaire cité par les médias iraniens, les navires doivent désormais emprunter deux routes alternatives, situées près des côtes iraniennes, pour éviter de possibles collisions avec des mines. Une carte maritime jointe au communiqué montre ces itinéraires au sud et au nord de l'île de Larak.
"De manière à être protégés de possibles collisions avec des mines, en coordination avec la marine des Gardiens de la Révolution, jusqu'à nouvel ordre, les navires devront prendre des routes alternatives pour le trafic dans le détroit d'Ormuz", précise le texte.
Le "péage de Téhéran" et l'impact sur le trafic
Pour entrer dans le Golfe depuis la mer d'Oman, les navires doivent passer entre la côte iranienne et l'île de Larak, surnommée le "péage de Téhéran" par la revue maritime Lloyd's List. L'itinéraire de sortie du Golfe évite désormais le trajet normal, plus proche des côtes d'Oman, au profit de ces alternatives dans les eaux territoriales iraniennes.
Cette décision intervient après un cessez-le-feu convenu entre les États-Unis et l'Iran, qui inclut la réouverture du détroit d'Ormuz. Ce passage est vital pour le commerce mondial d'hydrocarbures, ayant été quasiment bloqué depuis le début de la guerre le 28 février.
Les données de Kpler, propriétaire du site MarineTraffic, révèlent une baisse dramatique du trafic :
- Du 1er mars au 7 avril, seulement 307 passages de navires transportant des matières premières ont été recensés.
- Ce chiffre représente une diminution d'environ 95 % par rapport à la période de paix.
En temps normal, environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux transitent par ce goulet d'étranglement, reliant le Golfe aux grandes routes maritimes internationales.
Contexte et implications
Le détroit d'Ormuz reste un point névralgique pour l'économie globale, et sa réouverture sous ces nouvelles conditions pourrait influencer les prix des carburants. Les récentes traversées semblent déjà avoir adopté ces itinéraires alternatifs, soulignant l'importance stratégique de cette région.
Cette annonce iranienne soulève des questions sur la sécurité maritime et l'impact à long terme sur le commerce international, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes.



