Trois attaques contre des navires commerciaux ont été signalées en l'espace de vingt-quatre heures dans le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial. Le Qatar a officiellement accusé l'Iran d'être responsable de l'une de ces attaques, survenue dimanche 6 juillet, selon une déclaration du ministère qatari des Affaires étrangères diffusée lundi.
Des navires ciblés dans une zone sensible
Les incidents se sont produits dans les eaux internationales proches du détroit, selon des sources maritimes. Le premier a touché un pétrolier battant pavillon des Îles Marshall, le deuxième un vraquier libérien, et le troisième un navire de transport de gaz naturel liquéfié (GNL) immatriculé au Qatar. Aucune victime n'a été signalée, mais les dégâts matériels sont significatifs, ont indiqué les compagnies concernées.
Le ministère qatari des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué : « Le Qatar condamne fermement l'attaque contre son navire de GNL, qui constitue une violation flagrante du droit international. Nous tenons l'Iran pour responsable de cet acte agressif. » Téhéran a immédiatement rejeté ces accusations, les qualifiant de « sans fondement » et de « tentative de diversion ».
Un précédent inquiétant
Ces attaques surviennent dans un contexte de tensions régionales accrues, notamment après la saisie par l'Iran d'un pétrolier sud-coréen en janvier 2025. Le détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et la péninsule arabique, est régulièrement le théâtre d'incidents militaires. En 2019, plusieurs navires avaient été attaqués dans cette zone, provoquant une escalade entre Washington et Téhéran.
Selon l'Agence internationale de l'énergie, environ 17 millions de barils de pétrole transitent chaque jour par ce détroit. Toute perturbation majeure pourrait faire flamber les prix du brut. Lundi, le baril de Brent a déjà bondi de 3,5 %, atteignant 82 dollars.
Réactions internationales
Les États-Unis, par la voix du secrétaire d'État Antony Blinken, ont exprimé leur « profonde inquiétude » et appelé à une enquête rapide. Le Royaume-Uni a également condamné les attaques, tandis que la France a proposé une mission de surveillance européenne dans la zone. L'Arabie saoudite, principal rival régional de l'Iran, a soutenu la position qatarie et réclamé des sanctions.
De son côté, l'Iran a convoqué le chargé d'affaires qatari à Téhéran pour protester contre les « allégations infondées ». Le commandement naval iranien a nié toute implication, affirmant que ses patrouilles n'avaient « rien observé d'anormal » dans le secteur.
Conséquences économiques et sécuritaires
Les compagnies maritimes envisagent déjà de dérouter leurs navires via la mer Rouge et le cap de Bonne-Espérance, rallongeant les trajets de 15 jours et augmentant les coûts de transport. Le Qatar, premier exportateur mondial de GNL, craint une perturbation de ses livraisons, notamment vers l'Asie et l'Europe. Les prix du gaz naturel ont grimpé de 4 % lundi sur les marchés asiatiques.
Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir en urgence mardi pour discuter de la situation. Les experts estiment que ces attaques pourraient déstabiliser davantage la région, déjà fragilisée par les tensions sur le programme nucléaire iranien et la guerre au Yémen.



