Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a promulgué une réforme constitutionnelle qui prolonge son mandat de deux ans, reportant ainsi l'élection présidentielle prévue en 2028 à 2030. La réforme, adoptée par le Parlement le 6 juillet 2026, modifie l'article 91 de la Constitution, qui fixait la durée du mandat présidentiel à cinq ans.
Une réforme contestée
La réforme a été adoptée par 179 voix pour, 70 contre et 5 abstentions. L'opposition et plusieurs organisations de la société civile ont dénoncé une "dérive autoritaire" et un "coup d'État constitutionnel". Selon le ministre de la Justice, Ziyambi Ziyambi, cette réforme vise à "harmoniser les élections présidentielles et législatives" et à "réduire les coûts électoraux".
Emmerson Mnangagwa, 83 ans, est au pouvoir depuis 2017, après avoir succédé à Robert Mugabe à la suite d'un coup d'État militaire. Il a été réélu en 2023 pour un second mandat de cinq ans, qui devait s'achever en 2028. Avec cette réforme, il pourrait rester en fonction jusqu'en 2030.
Réactions internationales
L'Union africaine a exprimé sa "préoccupation" face à cette réforme, tandis que les États-Unis ont condamné une "mesure antidémocratique". Le porte-parole du département d'État américain a déclaré : "Cette réforme sape les principes démocratiques et l'État de droit au Zimbabwe."
Au Zimbabwe, l'opposition a appelé à des manifestations. Le leader de l'opposition, Nelson Chamisa, a déclaré : "C'est un vol pur et simple du mandat du peuple. Nous ne reconnaîtrons pas cette réforme."
Un contexte économique difficile
Le Zimbabwe traverse une grave crise économique, avec une inflation galopante et un chômage élevé. Selon la Banque mondiale, le taux de croissance du PIB devrait être de 2,5 % en 2026, loin des 7 % nécessaires pour réduire la pauvreté. La réforme constitutionnelle intervient dans ce contexte de tensions sociales.
Le président Mnangagwa a justifié cette réforme en affirmant qu'elle permettrait de "stabiliser le pays" et de "poursuivre les réformes économiques". Ses détracteurs y voient une manœuvre pour se maintenir au pouvoir face à une popularité en baisse.



