La communauté internationale dénonce l'extension du contrôle israélien en Cisjordanie
Les condamnations internationales se multiplient ce mercredi 11 février 2026 après l'approbation par le cabinet de sécurité israélien de mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie. Cette décision intervient alors que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, est attendu à la Maison Blanche pour discuter notamment de la pression sur l'Iran.
Des critiques fermes de l'Allemagne et de l'Union européenne
L'Allemagne a immédiatement réagi en qualifiant ces mesures de "étape supplémentaire vers une annexion de facto". Un porte-parole du ministère des affaires étrangères allemand a rappelé qu'"Israël demeure puissance occupante en Cisjordanie, et en tant que puissance occupante il est contraire au droit international d'y construire des colonies".
De son côté, l'Union européenne avait déjà condamné lundi ce qu'elle considère comme "un nouveau pas dans la mauvaise direction". Anouar El Anouni, porte-parole de l'UE pour les affaires étrangères, a insisté : "Conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, nous rappelons que l'annexion est illégale en droit international. Toute mesure concrète prise en ce sens serait considérée comme une violation du droit international".
Les nouvelles mesures controversées
Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche des règles permettant à l'État hébreu d'étendre son contrôle dans des zones administrées par l'Autorité palestinienne selon les accords d'Oslo des années 1990. Ces mesures incluent notamment :
- La facilitation des achats de terres pour les colons israéliens
- L'abrogation d'une loi vieille de plusieurs décennies interdisant aux Juifs d'acheter directement des terres en Cisjordanie
- Le renforcement de la présence israélienne dans des territoires occupés depuis 1967
L'alerte des Nations unies et la réaction palestinienne
Volker Türk, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a exprimé sa profonde inquiétude dans un communiqué : "Si ces décisions sont mises en œuvre, elles accéléreront sans aucun doute la dépossession des Palestiniens et leur transfert forcé, et entraîneront la création de nouvelles colonies israéliennes illégales".
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a directement interpellé les États-Unis lors d'une visite à Oslo : "Ces violations graves exigent une réponse résolue de la part de l'administration américaine et de la communauté internationale car elles entravent les efforts du président Trump et constituent une violation du droit international".
Un contexte diplomatique sensible
Ces déclarations surviennent à un moment particulièrement sensible alors que Benyamin Nétanyahou se rend à Washington. Le premier ministre israélien entend convaincre son allié américain d'exercer une pression maximale sur l'Iran pour mettre fin à ses programmes nucléaire et balistique. Cette visite à la Maison Blanche ajoute une dimension diplomatique complexe aux critiques internationales concernant la politique israélienne en Cisjordanie.
La situation reste donc extrêmement tendue alors que les nouvelles mesures israéliennes continuent de susciter l'opposition de nombreux acteurs internationaux qui y voient une violation du droit international et une menace pour le processus de paix.