Une fermeture aérienne brève et controversée au Texas
L'alerte n'aura finalement duré que quelques heures. La Federal Aviation Administration (FAA) américaine a levé, mercredi 11 février 2026, la fermeture temporaire de l'espace aérien au-dessus d'El Paso au Texas. L'agence revenait ainsi brusquement sur sa décision initiale de suspendre les vols vers ou en provenance de l'aéroport international de la ville pour une période annoncée de dix jours.
Une menace de drones neutralisée selon Washington
« Il n'y a aucune menace pour l'aviation commerciale. Tous les vols reprendront normalement », a écrit la FAA sur les réseaux sociaux, sans fournir davantage de détails. Sean Duffy, le secrétaire aux transports des États-Unis, a pour sa part suggéré que les cartels mexicains de la drogue auraient violé l'espace aérien américain. « La FAA et le DOW [le ministère de la défense] ont agi rapidement pour faire face à une incursion de drone liée à un cartel. La menace a été neutralisée », a-t-il déclaré.
L'administration américaine n'a pas donné plus de précisions sur ces drones ou sur les moyens qui auraient été employés pour les neutraliser. Cette affaire survient sur fond de tensions persistantes entre Washington et Mexico, liées au trafic de stupéfiants et aux différends commerciaux entre les deux pays.
Une fermeture surprise et ses conséquences
Dans la nuit de mardi à mercredi, la FAA avait annoncé sur son site qu'« aucun pilote n'était autorisé à faire voler un aéronef dans les zones concernées par cet avis ». La restriction de survol, qui visait également la localité voisine de Santa Teresa au Nouveau-Mexique, concernait à la fois les vols cargo et les vols commerciaux. Initialement prévue jusqu'au 21 février, elle a finalement été levée par la FAA peu après 16 heures (heure de Paris) mercredi, soit près de huit heures après son annonce.
La ville d'El Paso, qui compte près de 700 000 habitants, est située à la frontière mexicaine sur l'une des rives du Rio Grande, face à la ville mexicaine de Ciudad Juarez (1,5 million d'habitants). Son aéroport, qui a accueilli 3,49 millions de passagers au cours des onze premiers mois de 2025, est desservi par les principales compagnies aériennes américaines. Sa fermeture soudaine a laissé de nombreux voyageurs bloqués avec peu d'options à proximité, le grand aéroport américain le plus proche se trouvant à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, à près de 440 kilomètres.
Les autorités locales prises de court
Les autorités de cette ville frontalière ont laissé entendre qu'elles n'avaient pas été consultées avant cette décision. « D'après les informations que mon bureau et moi-même avons pu recueillir, il n'y a pas de menace immédiate pour la communauté dans les zones environnantes », a écrit sur X la démocrate Veronica Escobar, qui représente la ville au Congrès, peu avant la suspension de cette mesure. Elle a ajouté : « La FAA lève à juste titre la restriction temporaire de l'espace aérien. Je tiens à réitérer qu'il n'y a aucune menace pour El Paso ni pour les zones environnantes ».
« Personne au sein du gouvernement local ni de la base militaire locale n'a reçu de préavis de plus de quelques minutes, pas plus que le maire », a déclaré au Wall Street Journal l'élu local Chris Canales. « Nous n'avons jamais vu quelque chose d'aussi radical », a-t-il ajouté.
Des répercussions économiques et politiques
Thor Salayandia, président de l'Association des entreprises frontalières du Mexique, a expliqué à l'agence Associated Press que de nombreuses maquilas mexicaines – des usines qui produisent des biens principalement destinés aux consommateurs américains – dépendent de l'aéroport d'El Paso pour expédier leurs produits. Il a suggéré que le Mexique devrait envisager d'augmenter la capacité de l'aéroport de Ciudad Juarez afin de réduire sa dépendance aux décisions de l'administration américaine.
Cette fermeture aérienne survient dans un contexte de tensions accrues entre les deux pays. En janvier 2026, après avoir détruit dans les Caraïbes et le Pacifique des embarcations maritimes soupçonnées de transporter de la drogue – opérations ayant fait plus de 100 morts – Donald Trump avait annoncé que les États-Unis allaient mener « des frappes au sol » contre les cartels, sans toutefois préciser exactement où. « Les cartels dirigent le Mexique. C'est très, très triste de voir et regarder ce qui est arrivé dans ce pays », avait ajouté le président américain sur Fox News le 8 janvier.
Donald Trump avait également invité le Mexique à « se ressaisir », après des mois de pression sur les questions de lutte contre le narcotrafic et de balance commerciale. La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, avait tenté de calmer le jeu, assurant que son gouvernement œuvrait à « renforcer la coordination » bilatérale en matière de sécurité.