Procès en appel de l'assassinat de deux figures du banditisme corse à l'aéroport de Bastia-Poretta
Assassinat à Bastia-Poretta : le procès en appel s'ouvre sans jury

Le procès en appel de l’assassinat de deux membres du grand banditisme corse, survenu en décembre 2017 à l’aéroport de Bastia-Poretta, s’est ouvert lundi à Aix-en-Provence. Cette nouvelle audience se déroule sans jury populaire, une première depuis la récente loi contre le narcotrafic. Le premier procès, tenu en 2024, avait été marqué par le refus des principaux accusés de comparaître, entraînant un déroulement chaotique.

Une vengeance au sein du gang de la « Brise de mer »

Selon l’accusation, cette affaire trouve ses racines dans une vendetta entre héritiers du célèbre gang corse « Brise de mer ». Les faits jugés remontent au 5 décembre 2017, lorsque Jean-Luc Codaccioni et Antoine Quilichini, deux figures du banditisme insulaire, ont été pris pour cible sur le parking de l’aéroport. Antoine Quilichini est mort sur le coup, tandis que Jean-Luc Codaccioni, détenu de la prison de Borgo de retour d’une permission à Paris, a succombé à ses blessures sept jours plus tard.

Lors du premier procès, treize personnes avaient été condamnées et deux acquittées. Les principaux accusés avaient refusé de comparaître et récusé leurs avocats, laissant ainsi la cour d’assises sans défense pour protester contre le calendrier des audiences. Ce comportement rarissime avait conduit à une situation inédite.

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Onze accusés rejugés sans jury populaire

Après l’appel du parquet général, onze accusés, dont neuf détenus, étaient présents lundi devant la cour d’assises pour être rejugés. Cette fois, la cour est composée uniquement de magistrats professionnels, en application de la récente loi contre le narcotrafic qui supprime la participation de jury populaire pour les crimes commis en bande organisée liés au trafic de drogue.

Parmi les principaux accusés figure Jacques Mariani, considéré comme une figure du banditisme corse. Ayant passé plus de 38 années en prison, il avait été condamné à dix ans de prison pour association de malfaiteurs lors du premier procès. Il était l’un des rares détenus à être revenu dans le box des accusés lors de la première instance.

Christophe Guazzelli, présenté comme le « maître d’œuvre » de l’assassinat, avait écopé de trente ans de prison. Cathy Châtelain, divorcée Sénéchal, une surveillante pénitentiaire de la prison corse de Borgo dont l’histoire a inspiré un film, avait été condamnée à 23 ans de réclusion criminelle.

Venger les morts et faire renaître la « Brise de Mer »

Selon l’accusation, l’objectif des principaux accusés était de « venger les morts » de leurs pères, fondateurs de la « Brise de Mer », et de « faire renaître » cette bande criminelle historique. Le procès est prévu jusqu’au 3 juillet, et devrait permettre de faire la lumière sur cette affaire complexe.

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