Teknival près de Bourges : dégâts agricoles et verbalisations massives
Teknival : dégâts agricoles et verbalisations massives

Un Teknival sous haute tension

Alors que les derniers festivaliers quittent le terrain militaire près de Bourges, les élus locaux et les agriculteurs font état de dégâts sur les parcelles environnantes. Quelques milliers de participants étaient toujours présents lundi au Teknival qui se tient depuis quatre jours sur un terrain militaire près de Bourges, où des dégâts agricoles ont été répertoriés.

Des dégâts signalés par les maires

Environ 5 000 personnes au maximum se trouvaient encore sur le site lundi aux environs de 16 heures, selon la préfecture du Cher. Si certaines scènes ont été démontées, la musique résonnait toujours lundi, selon les maires des communes avoisinantes, qui ont signalé de nombreux dégâts sur les parcelles agricoles jouxtant le lieu du Teknival.

Les festivaliers « ont traversé des champs avec des véhicules et il y a eu aussi des clôtures qui ont été cassées dans les prairies », a décrit Sébastien Péras, maire d’Ourouer-les-Bourdelins, qui n’a cependant pas signalé de « dégradation majeure ». Denis Durand, maire de Bengy-sur-Craon, a abondé dans ce sens : « J’ai une inquiétude très forte des agriculteurs ». L’élu a ajouté que les équipes municipales avaient ramassé beaucoup de déchets, évoquant des « canettes déposées un peu partout » et du « stationnement sauvage » sur sa commune de 700 habitants.

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Un dispositif de sécurité renforcé

Sous un ciel gris, avec un sol rendu boueux par la pluie, un nettoyage du site a été entrepris par les participants et des bennes ont été apportées sur les lieux. « C’est de l’autogestion, c’est un peu à chaque free party, on laisse le terrain propre. C’est une règle commune », a affirmé lundi un participant.

Un important dispositif de gendarmerie est déployé tout autour du terrain, avec 19 points de contrôle. « 19 636 contrôles ont été opérés à la date de lundi 4 mai, 6 h du matin », a précisé la préfecture dans son point de situation, évoquant aussi 8 776 véhicules contrôlés, 3 578 PV, neuf interpellations et cinq gardes à vue. Par ailleurs, 87 personnes ont été prises en charge par les services de secours, dont quatre en urgence absolue.

« On a quitté la fête à 06 h, on espérait trouver une issue libre, mais non, il n’y avait aucune sortie possible sans prendre d’amende. Ils nous l’ont même mise deux fois. On attend de les recevoir et on va les contester », a expliqué un participant, ingénieur habitué des free parties, qui rentrait lundi matin dans le Var.

L’amende forfaitaire pour la participation à l’événement est de 135 euros et peut aller jusqu’à 750 euros en cas de majoration. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui a rencontré pendant le week-end agriculteurs, riverains et élus locaux, a affirmé que « tous ceux qui sortent de ce Teknival » seraient « verbalisés à double titre », pour avoir pénétré sur un terrain militaire et avoir participé à un rassemblement illégal.

Un contexte de contestation

Entre 17 000 et 40 000 personnes ont participé depuis vendredi à cette free party organisée sur un terrain militaire près de Bourges, ville natale de Laurent Nuñez. Les organisateurs entendaient ainsi protester contre des textes législatifs visant à durcir les sanctions contre les organisateurs de free parties et leurs participants.

Le maire de Bengy-sur-Craon, Denis Durand, a regretté le « traumatisme » constitué par cet événement pour ses concitoyens, qui ont notamment subi les nuisances sonores et les difficultés de circulation. « On respecte la réglementation, les lois de notre pays, et on voit que pendant trois jours plus rien n’est respecté », a-t-il critiqué. Des rassemblements sont prévus les 30 mai, 6 et 13 juin dans plusieurs villes dont Paris, pour dénoncer notamment une proposition de loi adoptée à l'Assemblée nationale mais pas encore examinée au Sénat.

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Risques liés au terrain militaire

La préfecture du Cher avait alerté depuis le début de l’événement sur le danger lié à la présence de munitions non explosées dans certaines zones de cet immense champ de tir de la direction générale de l’armement (DGA), utilisé depuis plus d’un siècle. Deux obus ont été découverts au cours du week-end à proximité du rassemblement, nécessitant l’intervention des démineurs de la DGA.

La préfecture du Cher a annoncé lundi matin la « reprise progressive » de l’activité de la DGA Techniques terrestres avec des essais « sans danger pour les festivaliers encore présents ». « Des détonations pourraient être entendues par les personnes présentes sur place », a-t-elle prévenu.