Le président français Emmanuel Macron a défendu le rôle de l'Europe en Afrique, affirmant que les Européens ne sont pas les prédateurs du XXIe siècle, contrairement à la Chine qu'il accuse d'être dans une logique prédatrice sur les minerais critiques et les terres rares. Ces déclarations ont été faites dans un entretien accordé à Jeune Afrique et The Africa Report, alors qu'il ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain.
Un regard sur le passé colonial
Emmanuel Macron rappelle avoir condamné avec force la colonisation dès 2017, mais refuse de tout lui imputer. Il estime que les sept décennies suivant les indépendances des anciennes colonies européennes en Afrique ne doivent pas exonérer de toute responsabilité les dirigeants africains, qu'il appelle à améliorer la gouvernance.
Face aux critiques des ex-puissances coloniales
Le président français assure que le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle. Il souligne que l'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l'État de droit, et le commerce libre et ouvert, tandis que les États-Unis et la Chine sont dans une logique de confrontation commerciale sans respect des règles.
La Chine ciblée sur les ressources
Concernant les minerais critiques et les terres rares, Macron estime que la Chine est dans une logique prédatrice : elle transforme chez elle et crée des dépendances avec le reste du monde. Il insiste sur le fait que l'Europe propose une stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique, afin de ne pas dépendre d'un nouvel empire.
Il prône une transformation de l'architecture financière internationale pour mettre en place un système de garanties financières attirant les investisseurs privés en Afrique. Ce projet sera au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi, aux côtés du président kényan William Ruto.
Pas d'interventionnisme au Sahel
Interrogé sur les militaires ayant pris le pouvoir au Mali, Burkina Faso et Niger entre 2020 et 2023, Macron répond qu'il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin. Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace djihadiste, et que son départ après les coups d'État était une réponse logique.
Selon lui, une ère nouvelle va s'ouvrir et le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale avec des dirigeants démocratiquement élus, soucieux de leur peuple.



