Plus de 600 auteurs réclament un nouveau statut social dans une tribune
600 auteurs demandent un vrai statut social

Une tribune qui fait écho à l'affaire Grasset

Moins d'un mois après le renvoi d'Olivier Nora par Vincent Bolloré chez Grasset, suivi du départ de plus de 250 auteurs, le monde de l'édition est secoué. Le 7 mai, « le Monde » publie une tribune signée par 617 auteurs et autrices, parmi lesquels des anciens de Grasset mais aussi Valentine Goby, Claire Castillon, Hervé Le Tellier ou Mona Chollet. Ils demandent une refonte complète de leur statut par le vote d'une « loi Jean Zay », en référence au ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts sous le Front populaire.

Un appel à un statut social digne

Dans cette tribune, les auteurs dénoncent leur situation précaire et un système qui les maintient dans une forme de dépendance. Samantha Bailly et Julien Delmaire, deux signataires, expliquent pourquoi il ne s'agit pas d'un caprice d'« artistes gâtés ». Selon eux, les contrats d'édition actuels ont « quelque chose d'un pacte faustien » : les auteurs ne sont pas réellement propriétaires de leurs œuvres et perçoivent des revenus insuffisants pour vivre de leur travail.

La proposition de loi Jean Zay

La « loi Jean Zay » que les auteurs appellent de leurs vœux s'inspire d'un projet de loi sur le droit d'auteur et le contrat d'édition proposé par Jean Zay à l'été 1936. Ce texte, jamais adopté, est perçu par les signataires comme « un horizon à atteindre ». Julien Delmaire, auteur de « la Joie de l'ennemi » et ex-écrivain Grasset, a lancé l'idée de convoquer Jean Zay cent ans après sa proposition, une initiative qui a recueilli un « oui » massif.

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Un mouvement qui dépasse Grasset

L'affaire Grasset a mis en lumière la fragilité des auteurs, mais le mouvement dépasse désormais cette seule maison d'édition. Les signataires viennent de divers horizons éditoriaux et appellent à une prise de conscience collective. Ils refusent « de continuer à être des travailleurs au rabais » et exigent un véritable statut social, incluant une protection sociale, une rémunération équitable et une reconnaissance de leur métier.

Des revendications concrètes

Au-delà de la loi Jean Zay, les auteurs réclament des mesures immédiates : revalorisation des droits d'auteur, transparence des contrats, et création d'un statut d'auteur professionnel avec cotisations sociales. Ils dénoncent un système où l'éditeur détient tous les droits et où l'auteur reste dépendant de ses bonnes grâces. La tribune marque un tournant dans la mobilisation des auteurs, qui entendent peser sur les politiques publiques.

Pour Samantha Bailly, coprésidente de la Charte des Auteurs et Illustrateurs jeunesse, et Julien Delmaire, cette mobilisation est historique. Ils espèrent que le gouvernement entendra leur appel et que la loi Jean Zay deviendra une réalité pour protéger les auteurs, véritables créateurs de valeur dans le monde de l'édition.

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