Chez Alstom, les ingrédients d'une restructuration majeure se profilent
Alstom : vers une restructuration d'ampleur

Alstom, fleuron de l'industrie ferroviaire française, traverse une période critique. Les signaux d'une restructuration d'ampleur se multiplient, ravivant les inquiétudes sur l'avenir du groupe et de ses employés. Cet article décrypte les facteurs qui convergent vers une possible réorganisation majeure dans les mois à venir.

Une situation financière préoccupante

Les résultats financiers d'Alstom pour l'exercice 2025-2026 ont déçu les investisseurs. Le chiffre d'affaires stagne, tandis que les marges se dégradent. La dette nette a augmenté de 15%, atteignant 3,5 milliards d'euros. Le flux de trésorerie libre est négatif pour la troisième année consécutive, signe d'une fragilité structurelle. Les analystes pointent du doigt une accumulation de projets à perte, notamment sur des marchés internationaux comme l'Inde et le Brésil, où les coûts ont explosé.

Pression des actionnaires

Les actionnaires, emmenés par le fonds activiste Cevian Capital, réclament des mesures drastiques. Ils exigent une réduction des coûts de 500 millions d'euros sur deux ans, une cession d'actifs non stratégiques et un recentrage sur les cœurs de métier. La direction, sous la houlette du PDG Henri Poupart-Lafarge, semble contrainte d'accélérer le plan de transformation.

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Des défis industriels et commerciaux

Alstom doit faire face à des retards de livraison sur plusieurs commandes majeures, notamment pour le métro de Sydney et les TGV de la SNCF. Ces retards entraînent des pénalités financières et une perte de confiance des clients. Par ailleurs, la concurrence des constructeurs chinois, comme CRRC, se renforce sur les marchés émergents, où Alstom perd des parts de marché.

Un plan social redouté

Dans ce contexte, un plan de restructuration pourrait inclure des suppressions de postes. Les syndicats redoutent 3 000 à 5 000 suppressions d'emplois, principalement dans les sites français de Belfort, La Rochelle et Valenciennes. La direction n'a pas confirmé ces chiffres, mais des discussions sont en cours avec les partenaires sociaux.

Quelles perspectives pour Alstom ?

Pour éviter une restructuration brutale, Alstom mise sur l'innovation, notamment avec le développement de trains à hydrogène et de solutions de mobilité intelligente. Cependant, ces investissements nécessitent des liquidités que le groupe ne possède pas. Un appel au gouvernement français pour un soutien financier est envisagé, mais l'État, déjà actionnaire à 15%, semble réticent à injecter de nouveaux fonds.

Les prochains mois seront décisifs. La direction présentera un nouveau plan stratégique en septembre, qui pourrait acter une restructuration d'ampleur. L'avenir d'Alstom et de ses 75 000 salariés dans le monde est en jeu.

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