Enquête de Queers des champs : 1300 réponses sur les LGBTQ en ruralité
Enquête Queers des champs : 1300 réponses rurales

L'association Queers des champs, fondée à Bram dans l'Aude, a lancé un questionnaire destiné aux personnes LGBTQ vivant en milieu rural. Pas moins de 1 301 réponses ont été collectées et analysées, révélant des chiffres marquants sur l'isolement et les difficultés rencontrées.

Une association née du constat d'un manque de soutien

Créée en Ariège en janvier 2025 avant de s'installer à Bram, Queers des champs est portée par des féministes engagées et d'anciens citadins queers revenus en zone rurale. « Nous avons pour objectifs d'améliorer la visibilité des personnes LGBTQ en milieu rural, de les soutenir, en sensibilisant et fédérant les acteurs ruraux et en organisant des événements », explique Hugo Munch, trésorier de l'association.

Lors de la marche des fiertés de Toulouse, le char de l'association, orné d'une botte de paille et d'épis de blé arc-en-ciel, a rassemblé une cinquantaine de personnes. Un premier festival s'est tenu à Bram à l'automne, et un second, plus important, est programmé les 26 et 27 septembre prochains, avec tables rondes, performances artistiques, artisans et exposants.

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Une enquête nationale aux résultats édifiants

Entre le 6 et le 21 juin, Queers des champs a diffusé une enquête nationale composée de vingt questions fermées et d'une question ouverte. Les 1 301 répondants proviennent de 89 départements, dont 305 d'Occitanie. « On partait de zéro ! Car les mouvements sont très organisés en ville, mais sur la ruralité rien. Notre démarche donne la parole à ceux qui vivent à la campagne et rend visible une réalité trop ignorée », souligne Hugo Munch.

Parmi les résultats clés : 72 % des répondants se sentent isolés, 54 % ont envisagé de quitter leur lieu de vie, 44 % déclarent avoir été victimes d'actes LGBTphobes, mais seulement 2 % ont porté plainte. La ruralité aurait compliqué le coming out pour 58,9 % des personnes interrogées. L'accès aux soins est un problème majeur : 85 % indiquent ne pas avoir accès à un professionnel de santé formé aux réalités LGBTQ.

Les personnes trans particulièrement vulnérables

Les 351 répondants transgenres (27 % de l'échantillon) présentent des indicateurs encore plus défavorables, avec un renoncement aux soins, une dégradation du bien-être mental et un rejet familial accrus. « Nous avons répondu à un appel à projets pour concevoir un centre LGBTQ mobile, c'est-à-dire la même chose que ce qui existe dans les villes, des ressources, des témoignages, des expos photos, etc., mais en nous déplaçant là où il n'y a rien », précise le trésorier.

Des propositions concrètes et un espoir pour la ruralité

L'association élabore des propositions à destination des pouvoirs publics, estimant que les difficultés spécifiques au cadre rural ne sont pas insurmontables. « En ville, c'est plus facile de vivre avec ses pairs, dans sa communauté. À la campagne, on vit avec ses voisins. Mais l'an dernier, nous avions à Bram des boulistes hostiles à notre festival car nous empiétions sur leur territoire et ils ne comprenaient pas ce que nous faisions là. Résultat, en se parlant, ils ont fini par nous aider pour l'éclairage, puis pour le rangement, puis ils nous ont dit "à l'année prochaine". La fête et le spectacle, ce sont des choses qui rassemblent à la campagne, alors nous organisons des fêtes et des drag shows et les gens viennent. Je suis plein d'espoir pour la ruralité », conclut Hugo Munch.

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