Gard : désendettement record et investissements boostés malgré la pression financière
Gard : désendettement record et investissements boostés

La session plénière du conseil départemental du Gard, tenue vendredi, a dressé le bilan 2025 et adopté les premières décisions modificatives 2026. L’exécutif s’est félicité d’une gestion rigoureuse, marquée par un désendettement spectaculaire et une maîtrise des dépenses, malgré une pression financière constante.

Un ratio de désendettement divisé par deux

Le vice-président Rémi Nicolas a présenté un rapport d’activité de 65 pages, détaillant notamment 38,6 millions d’euros investis dans la rénovation du réseau routier, 4 173 familles suivies par la Protection maternelle et infantile, et 12 285 bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie. Mais l’indicateur clé est le ratio de désendettement, passé de 13,4 ans à 6,9 ans en un an, un seuil considéré comme positif. Cette amélioration a été réalisée malgré l’ouverture de deux nouvelles lignes de crédit de 55 millions d’euros.

Selon Rémi Nicolas, cette performance résulte d’une bonne gestion, notamment d’une très faible hausse des dépenses de fonctionnement, obtenue en réduisant le recours aux CDD d’une centaine de postes. Par ailleurs, le frémissement du marché immobilier, seul levier fiscal des départements, a permis une hausse des recettes.

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Des investissements soutenus malgré les contraintes

Le taux de réalisation des investissements budgétés a atteint 83 %, un chiffre flatteur comparé aux autres collectivités. Les comptes 2025 se sont clos avec 209,3 millions d’euros de dépenses d’investissement et 1,020 milliard d’euros de dépenses de fonctionnement. La présidente Françoise Laurent-Perrigot a souligné l’importance de ces investissements : « Jamais, sans doute, le rôle des solidarités publiques n’a été aussi essentiel. Nous faisons le choix d’un Département qui prépare l’avenir sans renoncer à ses valeurs. Cela signifie investir dans la transition écologique, dans la gestion responsable de l’eau, dans un soutien à une agriculture durable, dans la prévention des risques naturels, dans l’accès aux soins… »

Le poids croissant des dépenses sociales

Les aides sociales restent le premier poste de dépenses, avec le RSA représentant plus de 200 millions d’euros. Valérie Meunier, du groupe d’opposition Le Bon sens républicain, a noté que ce poste est passé de 150 millions d’euros à la fin des années 1990 à près de 600 millions aujourd’hui, des dépenses obligatoires imposées par l’État. « Le Gard, 6e département le plus pauvre de France, voit ainsi sa marge de manœuvre se réduire. Vous gérez la contrainte », a-t-elle lancé. Philippe Ribot (UDI) a interrogé la pertinence des politiques d’insertion des allocataires du RSA, d’autant que l’État vient d’annoncer une baisse de 26,7 % des crédits sur ce programme, pourtant jugé efficace.

Le communiste Christian Bastid a reconnu : « Entre le désengagement progressif de l’État et les besoins sociaux qui augmentent, la pression sur nos finances est constante. » Avec Robert Crauste et Christophe Serre, il a défendu la nécessité d’assumer ces dépenses sociales, tout en espérant une autre politique nationale après 2027.

Nouvelles dépenses et subventions

L’exécutif a voté une première décision modificative du budget 2026, ajoutant près de 26 millions d’euros de dépenses, dont 17,6 millions de subventions. « Celles-ci sont aussi indispensables pour aider des projets, dans les territoires, qui peut-être ne verraient pas le jour sans notre aide. Or, c’est aussi ce qui fait travailler et vivre des entreprises locales », a insisté Françoise Laurent-Perrigot. Les principales allocations comprennent 1,2 million pour la transition écologique, 1,8 million pour les routes, 3,3 millions pour la vie associative, 5,7 millions pour la lutte contre les risques, 639 950 euros pour la culture, 2,7 millions pour les personnes âgées ou handicapées, et près d’un million pour le logement.

Un vœu a également été voté sur l’inclusion scolaire, interpellant l’État sur le devenir des Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH).

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