L'OMS déclenche l'alerte maximale face à l'épidémie d'Ebola en RDC
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclenché, dimanche 17 mai, son deuxième niveau d'alerte internationale le plus élevé face à une épidémie d'Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC). Causée par le variant Bundibugyo, une souche rare et hautement létale contre laquelle il n'existe aucun vaccin ni traitement spécifique, cette épidémie a déjà fait près de 100 morts.
Selon un communiqué publié sur X par l'OMS, son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a estimé que le virus "constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), mais ne répond pas aux critères d'une urgence pandémique". Depuis 2024, l'USPPI est le deuxième niveau d'alerte le plus élevé de l'OMS, derrière celui d'"urgence due à une pandémie".
Un variant sans vaccin ni traitement
Le variant Bundibugyo, qui n'avait provoqué que deux épidémies auparavant (en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012), se montre particulièrement meurtrier. "La souche Bundibugyo n'a pas de vaccin et n'a pas de traitement spécifique", a souligné samedi le ministre de la Santé congolais, Samuel-Roger Kamba, ajoutant qu'"avec cette souche, le taux de létalité est très important, on peut aller jusqu'à 50 %".
L'agence sanitaire de l'Union africaine (Africa CDC) a mis en garde contre un "risque élevé de propagation". Au 16 mai, l'OMS a confirmé huit cas en laboratoire et recensé 246 cas suspects et 80 décès suspects dans la province d'Ituri, dans le nord-est de la RDC. Un autre cas confirmé a été signalé à Kinshasa, ainsi qu'un décès à Kampala, en Ouganda, parmi des voyageurs revenant d'Ituri.
Des conditions sanitaires précaires
Le foyer de l'épidémie se trouve dans une zone difficilement accessible, l'Ituri, région aurifère frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud. "Nous voyons des gens mourir depuis deux semaines", a raconté Isaac Nyakulinda, un représentant de la société civile de la ville de Rwampara. "Il n'y a pas de lieu pour isoler les malades. Ils décèdent à domicile et leurs corps sont manipulés par les membres de leurs familles", a-t-il poursuivi, disant craindre le pire.
L'accès à certaines zones, en proie à des violences armées, est difficile pour des raisons de sécurité. "Nous ne disposons pas de vaccin, ce qui veut dire que nous comptons essentiellement sur les mesures de santé publique" telles que le respect des gestes barrières et la limitation des déplacements, a résumé samedi Jean Kaseya, patron de l'Africa CDC.
Une 17e épidémie en RDC
Cette épidémie est la 17e en RDC depuis que la maladie a été identifiée en 1976 au Zaïre, ancien nom du pays. La RDC avait connu une épidémie d'Ebola entre août et décembre 2025, avec au moins 34 morts. L'épidémie la plus meurtrière y avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades, entre 2018 et 2020.
La transmission humaine du virus se fait par les fluides corporels ou par exposition au sang d'une personne infectée, vivante ou décédée. Les personnes infectées ne deviennent contagieuses qu'après l'apparition des symptômes, la période d'incubation pouvant aller jusqu'à 21 jours.



