Ebola en RDC : l'OMS déclenche l'alerte internationale
Ebola en RDC : l'OMS déclenche l'alerte internationale (18.05.2026)

Pour la 17e fois depuis 1976, la République démocratique du Congo est victime d'une épidémie d'Ebola, une maladie particulièrement létale qui a engendré la mort de 15 000 personnes en Afrique sur les 50 dernières années. Face à la propagation du virus, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché, ce dimanche 17 mai, une alerte d'urgence internationale. Abrégé USPPI, ce seuil correspond au deuxième niveau d'alerte le plus élevé. L'Express fait le point sur la situation.

91 décès et 350 cas

Selon le ministre congolais de la Santé Samuel-Roger Kamba, 91 décès vraisemblablement liés à cette nouvelle épidémie d'Ebola et environ 350 cas suspects ont été recensés. La majorité des personnes affectées par la maladie, qui provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse, ont entre 20 et 39 ans. Plus de 60 % sont des femmes. L'Africa CDC, l'Agence sanitaire de l'Union africaine, a fait état de son côté, dans un rapport publié samedi, de 88 décès vraisemblablement liés au virus sur 336 cas suspects. Située au nord-est du pays et frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud, la province d'Ituri, foyer de l'épidémie, est difficilement accessible. Les divers bilans s'appuient donc principalement sur des cas de suspicion. « Il subsiste d'importantes incertitudes quant au nombre réel de personnes infectées et à la propagation géographique de cet événement », précise de son côté l'OMS dans un communiqué publié le 17 mai.

Une nouvelle souche plus dangereuse

La souche du virus à l'origine des derniers cas présente « un taux de létalité très important », « jusqu'à 50 % », a indiqué le ministre de la Santé congolais. Selon l'OMS, le taux de mortalité d'Ebola a varié de 25 % à 90 % pendant les récentes flambées épidémiques. Et, si la maladie a pu être ralentie ces dernières années grâce au développement de vaccins et de médicaments contre la souche Zaïre, ces derniers seraient inefficaces contre l'épidémie qui frappe actuellement la République démocratique du Congo. « La souche Bundibugyo n'a pas de vaccin et n'a pas de traitement spécifique » a averti Samuel-Roger Kamba, ce 16 mai.

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Pas d'« urgence pandémique »

Alors que la maladie se propage à travers le pays et que plusieurs cas ont été repérés hors de l'Ituri, l'Ouganda voisin de cette province a également recensé ses premiers malades. Entre autres, un Congolais serait décédé d'Ebola dans le pays frontalier, selon l'Organisation mondiale de la santé. L'agence sanitaire craint désormais « un risque élevé de propagation en raison de la mobilité des populations, des échanges commerciaux et des voyages, ainsi que des incertitudes épidémiologiques persistantes » entre les deux États.

Aussi, l'OMS appelle à « une coordination et une coopération internationale afin de comprendre l’ampleur de l’épidémie, de coordonner les efforts de surveillance, de prévention et de riposte, d’intensifier et de renforcer les opérations et de garantir la capacité de mettre en œuvre des mesures de contrôle ».

Pour assurer cette « prévention » contre la souche Bundibugyo qui semble être résistante aux traitements et aux vaccins, l'agence sanitaire demande, entre autres, la « cartographie systématique des établissements de santé », « à ce que les professionnels de santé reçoivent une formation adéquate » et la mise en place de « centres ou unités de traitement spécialisés » pour « isoler » et « prendre en charge » les patients infectés. Toutefois, l'OMS qui a déclenché l'« urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) » a précisé que, pour l'heure, la situation « ne répond pas aux critères d'une urgence pandémique ».

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Un risque « très faible » pour la France

De son côté, l'épidémiologiste Éric d'Ortenzio a tenu à rassurer au micro de franceinfo. Malgré les craintes de certains experts, le scientifique estime que le risque d'une exportation du virus à Mayotte, qui connaît une forte immigration venue de la région des Grands Lacs, est « très faible ». « Lors de l'épidémie de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest, il y avait eu plus de 28 000 cas et seule une dizaine de cas exportés en dehors de l'Afrique : quatre aux États-Unis, deux en Espagne, deux au Royaume-Uni et deux en France », rappelle-t-il. Ces derniers cas étaient des soignants qui avaient été contaminés en prenant en charge des malades dans les zones concernées par l'épidémie puis rapatriés dans leurs pays.