La sortie de la Royal Pop, fruit de la collaboration entre Swatch et Audemars Piguet, a viré au chaos ce samedi 16 mai. Files d'attente monstres, intervention de la police, plainte à Lille : les incidents se sont multipliés devant les boutiques Swatch.
Une montre à 385 euros revendue 1 700 euros
La Royal Pop, vendue entre 385 et 400 euros, a attiré les foules. Son design est directement inspiré de la mythique Royal Oak dessinée par Gérald Genta dans les années 1970. Les spéculateurs espéraient réaliser une belle plus-value, mais un horloger met en garde.
Un horloger tempère les ardeurs
Paul Bouyssou, horloger à Mont-de-Marsan, spécialisé dans les montres anciennes, est catégorique : « Aujourd'hui, on sait que ce n'est pas une édition limitée. Si on attend trois semaines ou un mois, il y aura des réassorts. » Il ajoute : « C'est une montre en plastique avec le système 51, un mécanisme qui n'a presque pas de vis. Les éléments sont soudés, donc elle n'est pas réparable. »
Durée de vie limitée
Selon l'horloger, la durée de vie de la Royal Pop est estimée à 10 ou 15 ans maximum. « À 400 euros, c'est déjà un budget. Vous avez une surcote parce qu'il y a marqué Audemars Piguet dessus », précise-t-il.
Un scénario déjà vu avec la MoonSwatch
En 2022, la MoonSwatch, collaboration avec Omega, avait connu le même phénomène : flambée sur le marché secondaire puis effondrement des prix après l'annonce de réassorts. Swatch a rappelé le 17 mai que la Royal Pop serait disponible « plusieurs mois ».
Un pari commercial gagnant
Malgré les débordements, Paul Bouyssou salue un « vrai coup de génie » commercial, dans une industrie horlogère en crise sur le segment des montres à moins de 5 000 euros.



