A69 : le Conseil d'État valide définitivement le chantier contesté
A69 : le Conseil d'État valide définitivement le chantier

Le Conseil d'État a rendu une décision définitive ce lundi 29 juin 2026, autorisant la poursuite du chantier de l'autoroute A69 entre Toulouse et Castres. Cette décision met fin à des années de batailles juridiques menées par des opposants écologistes qui dénonçaient les impacts environnementaux du projet.

Un projet vieux de 30 ans

L'idée de cette autoroute remonte aux années 1990, portée notamment par le groupe pharmaceutique Pierre Fabre, qui souhaitait relier ses sites de production à Toulouse. Le projet a été concrétisé dans les années 2010 et les travaux ont débuté en mars 2023. Depuis, le chantier est devenu un symbole des luttes écologiques en France.

Le Conseil d'État a estimé que le projet répond à quatre objectifs majeurs : réduire le temps de trajet entre Castres et Toulouse, améliorer le cadre de vie des riverains, accroître la sécurité routière et contribuer au développement de l'agglomération castraise. Selon l'institution, aucune alternative, comme l'aménagement du réseau routier existant ou l'amélioration de la liaison ferroviaire, ne permet de répondre aussi efficacement à ces objectifs.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les arguments des opposants rejetés

Les opposants, réunis au sein du collectif La Voie est libre, avaient obtenu en février 2025 une suspension du chantier par le tribunal administratif de Toulouse, faute de « raison impérative d'intérêt public majeur » (RIIPM) nécessaire pour déroger à la protection des espèces protégées. Cependant, la cour administrative d'appel de Toulouse a annulé cette décision en décembre 2025, et le Conseil d'État a confirmé cette position.

Le rapporteur public a souligné que le rôle du juge n'est pas de déterminer l'opportunité du projet, mais de vérifier sa conformité à la loi. Il a rappelé que cette affaire cristallise des tensions plus larges sur les politiques de mobilité.

Un long combat juridique et citoyen

Depuis le début des travaux en 2023, les opposants ont multiplié les actions : occupations d'arbres pour empêcher leur abattage, installation de zones à défendre, grèves de la faim et rassemblements de milliers de personnes, parfois marqués par des incidents violents avec les forces de l'ordre.

De leur côté, les partisans de l'autoroute ont manifesté massivement le 8 mars 2025 à Castres, avec le slogan « A69, on finit ! ». Ils considèrent cet axe comme essentiel pour désenclaver le bassin de population de Castres-Mazamet, qui compte environ 100 000 habitants.

Réactions des militants écologistes

Le collectif La Voie est libre a vivement réagi à la décision du Conseil d'État. Dans un communiqué, ils ont dénoncé un « déni climatique » décrété par la plus haute juridiction administrative française. « C'est officiel, dans un monde qui brûle, le déni climatique est décrété par la plus haute sphère du pouvoir juridique », ont-ils fustigé.

Gilles Garric, membre du collectif, a déclaré à la presse : « Ça fait 3 ans qu'on nous dit que c'est fichu, mais regardez où on en est aujourd'hui. Si on n'avait pas fait toutes ces actions, à la fois juridiques, sur le terrain, on ne serait pas là. Si on avait arrêté, l'A69 serait déjà entrée en service. Donc on a bien fait de continuer, on continuera. »

Les travaux, qui ont repris au début de l'été 2025, se poursuivent. L'ouverture de l'autoroute est prévue pour octobre prochain par le concessionnaire Atosca.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale