Face à l'essor des véhicules électriques, la Métropole de Montpellier accélère le déploiement de ses bornes de recharge. Plus de 300 points de charge sont déjà en service sur le territoire. Alors que le gouvernement veut accélérer massivement le déploiement des bornes de recharge électrique partout en France, la Métropole de Montpellier entend rester dans le peloton de tête. Quelques heures après une nouvelle séquence organisée à l'Élysée autour de l'électrification du parc automobile, la collectivité met en avant l'avancée de son propre réseau métropolitain, confié à l'opérateur E-Totem.
Un objectif de 600 bornes d'ici 2027
L'objectif est ambitieux : atteindre 600 points de charge d'ici un an dans les 31 communes de la Métropole. Et le chantier avance rapidement. "Nous avons installé les trois quarts des stations prévues", explique Thibault Reynier, responsable de projet chez E-Totem. "Plus de 300 points de charge sont aujourd'hui en service et nous sommes désormais présents dans 20 communes." Pour les élus métropolitains, ce maillage public devient indispensable face à la hausse continue du nombre de véhicules électriques. Le réseau doit permettre de répondre aussi bien aux besoins des habitants qu'à ceux des automobilistes de passage.
Un réseau pensé pour les usages quotidiens
Le dispositif repose principalement sur des bornes dites "accélérées", adaptées aux stationnements du quotidien, en centre-ville ou à proximité des commerces. Des bornes rapides viennent compléter le réseau sur certains axes plus fréquentés. "Le cœur du déploiement, ce sont surtout des stations accélérées", précise Thibault Reynier. Mais la Métropole et l'opérateur veulent également garder de la souplesse. Une deuxième phase, dite des "bornes à la demande", permettra d'adapter les implantations en fonction des besoins remontés par les habitants et les communes. "Certains sites ne semblaient pas forcément attractifs au départ, mais lorsqu'il y a beaucoup de demandes, cela peut justifier une nouvelle installation", souligne le responsable d'E-Totem. Les emplacements sont choisis en concertation étroite avec les communes. "Il faut trouver des lieux où les gens vont réellement venir se recharger. Le but n'est pas d'avoir des stations juste pour faire joli", insiste encore Thibault Reynier.
Un modèle sans financement public direct
Autre particularité du projet montpelliérain : son financement. Ici, la collectivité ne paie pas directement les infrastructures. "C'est un modèle de tiers investissement", explique Armand Lulka, directeur des opérations d'E-Totem. "Il y a la collectivité, un investisseur privé, Conquest, et l'opérateur. L'investisseur finance l'installation et l'exploitation des bornes, puis l'électricité est revendue aux utilisateurs." La Métropole met à disposition les emplacements sur le domaine public via une convention d'occupation de quinze ans. "Il n'y a pas d'argent public dépensé", rappelle l'entreprise. Et déjà, la suite se profile. Si les 600 points de charge doivent être atteints en 2027, la question d'un futur élargissement du réseau est dans toutes les têtes. "Nous sommes évidemment intéressés pour aller plus loin", affirme Armand Lulka, qui répond aussi indirectement au vœu du gouvernement d'accélérer la cadence.
Julie Frêche : "Il fallait anticiper les besoins"
Pour Julie Frêche, le développement du réseau de bornes électriques constitue un enjeu majeur de mobilité pour les prochaines années. "Nous savons que le nombre de véhicules électriques va fortement augmenter. Il fallait donc anticiper les besoins dès maintenant", explique l'élue déléguée aux mobilités. La Métropole a fait le choix d'un déploiement progressif sur l'ensemble du territoire afin d'éviter des disparités entre les communes. "Notre objectif, c'est que chaque habitant puisse avoir accès à une solution de recharge à proximité", souligne-t-elle. L'élue insiste également sur le modèle économique retenu avec E-Totem. "Nous avons voulu un dispositif qui permette d'accélérer le déploiement sans mobiliser directement les finances publiques", indique Julie Frêche. Mais est-ce que cela va suffire ? La vice-présidente estime que les besoins continueront d'augmenter rapidement dans les prochaines années : "Ce réseau devra évoluer en permanence pour accompagner les usages et la transition vers des mobilités plus décarbonées."



