Seconde main associative : les centres commerciaux, nouveau terrain de conquête
Seconde main associative conquiert les centres commerciaux

Longtemps cantonnée aux ressourceries et aux centres-villes, la seconde main associative s'installe désormais dans les centres commerciaux. « Depuis 2021, pendant deux mois chaque année, notre boutique éphémère nous permet de sensibiliser les clients du centre commercial à l'économie circulaire et à la seconde main, tout en faisant découvrir notre ressourcerie et l'économie sociale et solidaire », explique Franck Burel, directeur opérationnel emploi et insertion de l'association Arile. Installée avant les fêtes de fin d'année au centre commercial Les Saisons, à Meaux (Seine-et-Marne), cette boutique sert aussi de terrain d'immersion grandeur nature pour les salariés en insertion.

Une source de financement vitale

Cette présence commerciale est devenue une source de financement vitale. « Aujourd'hui, face à la baisse des subventions de l'État et des départements, c'est une façon d'autofinancer l'accompagnement des personnes en insertion. Nous devons aussi assurer nos charges d'exploitation, qui augmentent en flèche », souligne Franck Burel.

À la tête de 350 salariés, l'association d'insertion basée à Montévrain accompagne 10 000 personnes dans le nord de la Seine-et-Marne, dans le Val-de-Marne et dans l'Aisne. La ressourcerie, créée en 1982 à Meaux, emploie 75 personnes. « C'est notre équipe qui collecte et sélectionne toute l'année, parmi 1 000 tonnes et 550 000 pièces, des articles pour cette boutique, poursuit le responsable. En faisant un effort vestimentaire pour bien présenter, nos conseillers vendeurs prennent très au sérieux leur rôle auprès des usagers du centre commercial qui ne sont pas les clients habituels de la ressourcerie. »

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Emmaüs et la Croix-Rouge s'adaptent

Changement d'échelle mais arguments très proches chez Emmaüs France et ses 175 communautés, toutes indépendantes, qui emploient 12 000 personnes dans tout le pays, dont 5 000 en insertion. Tous sont en activité dans la seconde main. La vente est le débouché principal d'Emmaüs, une activité qui fait fonctionner l'ensemble des communautés. « Nous recensons 520 espaces en France, dont 70 boutiques en Île-de-France et dans l'Oise, pour la plupart en centre-ville, précise Thomas Ladreyt, délégué général adjoint chargé de la stratégie et du développement. La visibilité y est très importante. »

La présence au sein d'un centre commercial reste marginale chez Emmaüs. « Nous ouvrons chaque année de nouveaux espaces de vente mais nous n'avons qu'une dizaine de boutiques dans des centres commerciaux dans toute la France. À Paris, par exemple, nous sommes présents au Forum des Halles. Les exigences sont lourdes : il faut respecter les horaires, garantir un réassort constant, assurer une vraie activité économique. Mais les avantages aussi sont certains : la visibilité y est très importante et ces lieux permettent de créer et de financer des emplois en insertion. »

Et l'association, fondée en 1949, reste dans l'air du temps. « À Paris, le Studio Emmaüs propose des créations upcyclées comme des sacs banane confectionnés à partir de vieux maillots de foot ou des meubles améliorés selon les trouvailles parmi nos collectes », ajoute Thomas Ladreyt.

Après le premier confinement entraîné par le Covid, la Croix-Rouge française a fait évoluer sa filière textile en ouvrant, grâce à un partenariat avec les centres commerciaux Westfield, neuf boutiques à la rentrée 2020 (Forum des Halles, Carré Sénart, Rosny 2, Vélizy 2, Le Quatre-Temps, Parly 2 pour l'Île-de-France et, pour la province, Euralille, La Part-Dieu à Lyon et Rennes Alma). L'association reconnaît également que ces magasins « constituent une source de financement pour (ses) activités bénévoles ».

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