Dans un essai percutant, Nicolas Diat interroge la possibilité de s'ouvrir à Dieu à l'ère de la saturation informationnelle. Selon lui, le bruit numérique étouffe toute forme de recueillement et rend la spiritualité plus difficile que jamais.
Un siècle submergé par les données
Chaque jour, l'humanité produit 2,5 quintillions d'octets de données, un chiffre qui ne cesse de croître. Diat affirme que cette profusion crée un écran entre l'individu et le divin, transformant la prière en un acte presque contre-culturel. Il cite le philosophe Byung-Chul Han, pour qui la société de l'information engendre une « fatigue de l'attention ».
Le silence comme résistance
Pour Diat, la solution réside dans une reconquête du silence. Il évoque les moines de Tibhirine, dont la vie monastique illustrait une écoute profonde de Dieu. « Dans le silence, l'âme peut enfin entendre ce que le bruit du monde dissimule », écrit-il. L'auteur déplore que les églises elles-mêmes soient devenues des lieux de spectacle plutôt que de contemplation.
La communication, nouvelle idole
L'essayiste critique la tendance contemporaine à vouloir « communiquer » avec Dieu comme on le ferait sur un réseau social. Il rappelle que la prière chrétienne n'est pas un échange d'informations, mais une relation d'amour. « On ne tweete pas avec le Créateur », ironise-t-il. Selon lui, la messe en ligne n'a fait qu'aggraver cette confusion.
Un appel à la déconnexion spirituelle
Diat propose des pistes concrètes : instaurer des « jours de silence » numériques, redécouvrir les Exercices spirituels d'Ignace de Loyola, ou encore fréquenter des lieux de retraite. Il cite une étude de l'Université de Californie montrant que 47 % des Américains estiment que les technologies nuisent à leur vie spirituelle.
L'auteur conclut sur une note d'espoir : la soif de transcendance reste intacte, mais elle doit s'affranchir des écrans. « Dieu ne parle pas dans le vent impétueux des notifications, mais dans le murmure d'une brise légère », écrit-il, en référence au prophète Élie.



