Les députés écologistes ont officiellement déposé leur motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu ce jeudi, accusant l'exécutif d'avoir « aggravé » les « vulnérabilités du pays » face au changement climatique et aux épisodes caniculaires, selon une annonce faite à l'AFP par le groupe parlementaire. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a indiqué que la motion pourrait être mise au vote lundi après-midi dans l'hémicycle.
Des accusations fondées sur les alertes du GIEC
Dans le texte de la motion, les députés signataires affirment que « le gouvernement savait », en référence aux alertes répétées du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) qui « alerte depuis des années sur l'augmentation de la fréquence et de la gravité des vagues de chaleur ». Ils reprochent à l'exécutif d'avoir, « à rebours de ces alertes, d'aggraver méthodiquement les vulnérabilités du pays en coupant les budgets de l'adaptation, en affaiblissant les opérateurs publics chargés de nous protéger et en poursuivant des politiques d'aménagement et d'agriculture incompatibles avec la réalité du changement climatique ».
Cette motion avait été annoncée mardi par la présidente du groupe écologiste, Cyrielle Chatelain, après un échange tendu avec le Premier ministre dans l'hémicycle. Ce dernier avait fermement défendu l'action de l'État, affirmant qu'il « tient face à chaque crise » et que « tous les gouvernements ont chacun à leur mesure fait quelque chose contre le réchauffement climatique ».
Une motion qui nécessite un large soutien
Cosignée par 32 députés écologistes, 25 insoumis et un député du groupe socialiste, la motion de censure a besoin des voix de 289 députés pour renverser le gouvernement. À ce stade, il n'est pas certain qu'elle obtienne le soutien total de la gauche, même si la patronne des Écologistes, Marine Tondelier, se veut optimiste. « Des contacts que j'ai pu avoir, j'ai compris qu'ils (les socialistes) la voteraient et je n'imagine pas qu'il en soit autrement. Idem pour les communistes d'ailleurs », a-t-elle déclaré sur France 2.
Cependant, une source au sein du groupe PS nuance : « La réflexion est toujours en cours. » Les députés socialistes sont partagés entre la volonté de dénoncer politiquement « le manque d'adaptation au changement climatique dans les politiques publiques depuis dix ans » et le risque de faire chuter l'exécutif à quelques jours d'un possible nouvel épisode caniculaire.
Le Rassemblement national, arbitre de la motion
En tout état de cause, pour que la motion aboutisse, il faudrait également que le Rassemblement national (RN) la vote. Or, son vice-président Sébastien Chenu s'est montré très réticent mercredi. « On ne va pas rendre service à Cyrielle Chatelain qui veut déposer une motion de censure pour essayer de masquer ce qu'elle (et) son groupe (n'ont) pas fait », a-t-il déclaré devant l'Association des journalistes parlementaires (AJP). Il a estimé que « le vrai rendez-vous, motion de censure ou pas, c'est plutôt la rentrée avec le budget », sur lequel le parti d'extrême droite « ne s'interdit rien ».



